Pardonnez-moi de procéder par citations-réponses. C'est par manque de temps.
"laissons de côté la déclaration de guerre de 1792. : certes votée par l'assemblée mais proposée et sanctionnée par le Roi... On ne peut pas dire qu'elle lui échappe totalement bien au contraire."
- Pas d'accord. Les attributions constitutionnelles du (premier) "roi des Français" étaient très limitées en la matière (et en beaucoup d'autres). Au profit de l'Assemblée législative.
"Pour le reste je déplore votre démarche tendant à distinguer "intégristes" et ... Quoi d ailleurs (tradis ? Conciliaires ?) et à supposer l existence d'arrière pensées idéologiques ou théologiques plutôt que de débattre des faits."
- Je ne valide pas a priori cette étiquette ("intégriste"). Je n'aime d'ailleurs pas beaucoup les étiquettes. Et il y aurait d'ailleurs beaucoup (trop) de choses à dire à propos de l'histoire du mot "intégriste".
Etant donné que vous prenez un malin plaisir à prendre à rebrousse-poil les convictions - vraies ou fausses - qui ont cours dans les milieux "tradi" "natio" "royco", j'ai choisi la désignation "intégriste", y compris pour la bonne raison qu'elle est "stigmatisante" (comme on dit maintenant).
Tout ça pour dire que je ne crois pas que le "milieu" ait en tout et pour tout raison. Mais je ne crois pas non plus qu'il ait tort en tout et pour tout. Et a priori.
L Angleterre n'à pas cessé d être anglaise sous Cromwell...ni l Allemagne d'être allemande sous des régimes aussi différents que Weimar ou le IIIe Reich. De même la France est restée la France en 1788, 1794 ou 1805.... Même si ce n était évidement plus tout à fait la même France et que nous pouvons préférer certains régimes, certains gouvernants à d autres ...bon la question se peut être pour l URSS qui s est définie comme en rupture complète avec la Russie - profession de "foi" ( si j ose dire ) peu confirmée par les faits ...
- L'exemple de l'URSS est un très bon exemple. D'un côté on veut la rupture complète. De l'autre, face à l'offensive allemande en 1941, Staline chausse les bottes de Koutouzov. Sans doute parce que la rupture complète n'est jamais possible, au moins à court ou moyen termes, y compris du fait des régimes totalitaires.
"Mais il y a une paradoxale convergence entre un certain traditionalisme radical et un républicanisme borné à croire qu' une nation se définit subjectivement par l'adhésion à certaines idées ou à une certaine forme d'organisation politique ou sociale. [...] J adhére donc à un définition objective de la nation qui exclut toute dimension éthique"
- Même si la réflexion en question a un peu vieilli, je crois qu'il faut revenir à la distinction opérée dans les années 1950 (et dans nos "milieux") par Marcel Clément (mais pas seulement par lui). Il faut distinguer Etat, nation et patrie.
En France, nous avons du mal à opérer une telle distinction. C'est normal, puisque la France est l'un des premiers Etats-nations.
De surcroît les tenants du républicanisme idéologique ont théorisé l'idée d'une nation purement politique et contractuelle. Il ne s'agit plus alors seulement d'une identification de fait entre deux réalités distinctes (Etat et nation), mais d'une éclipse théorique de la nation comme communauté culturelle.
Il est donc bien évident que, de soi, la patrie française et la nation française persistent par-delà tous les régimes qui se sont succédés au niveau de l'Etat français (qui lui-même perdure de la même façon), sauf à ce que, la République et ses gouvernement "aidant", nous finissions par arriver à de tragiques remises en question.
Mais pardonnez-moi, là c'est l'intégriste qui parle.