Arguments par Thomas 2013-08-17 19:57:07 |
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Il y a plusieurs arguments dans cette conférence.
Il est probable que celui de « la fausse note » ne soit pas le plus fort, loin de là. À cet égard, la réponse de Claude Abromont est certainement pertinente.
Il reste que l'argument de l'anticipation, ou de l'attente de l'auditeur (au moins non initié) reste, lui, pertinent et sans réponse. Ce n'est pas la creuse diatribe de Dusapin, avec encore moins de fond que le discours de Ducros qui permet d'y répondre. On reconnait là l'attitude moderniste par excellence qui n'est capable de répondre que par l'insulte, et jamais par l'argument.
Cet argument de l'anticipation du discours musical par l'auditeur, qui le rend donc actif et lui permet d'être surpris ne me paraît pas sans force alors que la musique atonale (quand elle n'est qu'atonale, j'y reviendrai) ne permet aucune prévision, et rend donc l'écoute passive (« Ah. Tiens. Il a fait ça. »).
L'exemple du « poème » de Tzara est, en ce sens, lumineux (malgré pitoyable la défense, absolument sans argument, de Dusapin). En écoutant ce poème, il n'y a rien que l'auditeur puisse faire, pas de sens à rechercher ; il n'y a qu'à attendre... que ce soit fini.
Un autre argument qui mériterait une réponse (que l'érudit Abromont ne donne pas, hélas), est celui du manque d'évolution du style musicale. Le fait qu'en 80 ans, la musique atonale n'apporte aucune évolution visible (ou audible).
L'injustice, à mon sens, que fait Ducros, est au fait que la musique atonale, dans ses recherches avant-gardiste, a fini par nourrir la musique savante de quelques trouvailles réexploitées, et intégrée dans une musique tonale (ou au moins « consonnante », comme le signale Abromont).
Mais le fond de son discours n'est pas là. Il est aussi une réaction à la formidable influence que les tenants de la musique atonale ont eu dans les institutions (du même genre que dans l'art contemporain en peinture ou sculpture, d'ailleurs).
Plus éclairant aussi pourrait être le discours inaugural de Karol Beffa (qui n'est pas un imbécile ni un ignorant, comme le rappelle à raison Dusapin et qui a même fait une thèse de doctorat sur Ligeti). On y entend sa critique sur une musique qui n'a de valeur qu'au travers de son commentaire savant ou supposément savant, en faisant abstraction du résultat esthétique final.
L'erreur des tenants de la musique atonale a sûrement aussi de se montrer incapable de disciminer le bon du mauvais, encensant n'importe quoi, pourvu que ce soit atonal. Le commentaire d'Abromont est, à ce sujet, édifiant, lorsqu'il parle du premier morceau donné en exemple par Ducros :
Après une œuvre d’une radicalité aussi ostentatoire, pourra-t-on encore juger objectivement et sereinement des mérites éventuels de la musique atonale ? N’est-elle vraiment que cela ? Tous les compositeurs atonaux sont-ils décidément bons à interner ?
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