dire que l'autorité n'est plus signifie simplement que l'on s'érige soi-même l'autorité...
C’est un simple constat... d’absence d’autorité, rien de plus : quand, par exemple, quelqu’un qui se prétend pape donne de la messe, dans un document on ne peut plus officiel, une définition protestante que même Luther aurait probablement trouvé excessive, on peut se demander s’il jouit de l’assistance divine (vous savez, cette assistance
quotidienne que Notre-Seigneur a promise aux successeurs de Pierre : “je serai avec vous
tous les jours...”). Encore une fois, si des papes (et quels papes !) ont envisagé cette hypothèse, et dans leur législation qui plus est, qui sommes-nous pour leur faire la leçon ?
Mais bien entendu, ce constat, venant de simples prêtres ou fidèles, n’est nullement infaillible : affirmer le contraire serait effectivement
usurper l’autorité. On peut donc penser que ceux qui le font actuellement se trompent. Pour reprendre la comparaison avec le grand schisme, les catholiques qui refusaient de reconnaître l’autorité des deux ou trois “papes” ou prétendus tels n’avaient peut-être pas raison. Mais le fait est que l’Église n’a toujours pas tranché cette question... et qu’elle a canonisé au moins l’un de ces catholiques “indifférents” – le terme “sédévacantiste” n’existait pas encore – à savoir le frère prêcheur saint Vincent Ferrier.
Le P. Calmel (qui n’était pas “sédévacantiste”) écrivait même à propos de ce saint dominicain qu’il “est, sans doute, de tous les saints, celui qui a travaillé
le plus directement pour la papauté” (
Itinéraires n° 316, p. 114). Ce n’est pas un mince éloge. Mais combien plus impressionnants encore sont les centaines de miracles, reconnus par l’Église, que Dieu a opérés par l’intermédiaire de ce saint, sans parler des centaines de milliers de conversions...
V.