Tout cela et bel et bon. par Rémi 2012-12-08 00:12:21 |
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Et ludique.
Mais ne prenez-vous pas la partie pour le tout, en confondant la langue avec son seul vocabulaire ? Votre fils apprend-il aussi le Latin avec une syntaxe moderne, une grammaire réformée, des déclinaisons du XXIème siècle et des conjugaisons simplifiées ? Ou bien une langue "classique" , définitivement fixée dans ses éléments essentiels, exactement la même, fors quelques gadgets de vocabulaire, qu'apprenait un écolier il y a quatre siècles, par exemple ? Le Latin, une langue vivante immuable ?
Puis dites voir dans quel roman contemporain de langue latine votre fils sera amené à lire ces mots ? Le Latin, une langue vivante sans aucune production littéraire contemporaine ?
Et dans quel pays où ces mots lui seront utiles et même nécessaires pour se faire comprendre et comprendre ses hôtes aura lieu son séjour linguistique ? Le Latin, une langue vivante qu'aucun peuple ne parle ?
Au reste, vous voyez que vous avez du lire ces mots dans le cahier, et non que votre fils, très fier à juste titre de son nouveau savoir, vous a fait en les prononçant de belles bien qu'hésitantes phrases latines de son cru tout à l'heure à table. Le Latin, une langue vivante qu'on n'apprend pas à parler, mais seulement à lire, et encore pas dans un objectif de lecture courante, mais de traduction ?
Enfin, vous comprenez que ce vocabulaire "moderne" n'est pas même composé de mots vraiment nouveaux, mais seulement de périphrases en plusieurs mots (voire, pour "enfant gâté" , quelle est la nouveauté ? ), de constructions, pour désigner des réalités techniques modernes, là où une langue vraiment vivante aurait créé un seul mot, de toutes pièces, par transformation ou assimilation. On pourrait sûrement dire "ordinateur" en Egyptien ancien, par périphrase, pour autant ça ne ressusciterait pas tout à coup cette langue morte, pourtant lue et possiblement vocalisée par les spécialistes.
On le voit, un lexique sympathique forgé par quelques pédagogues de bonne volonté pour donner aux enfant goût à l'étude de la langue n'est nullement le signe du caractère vivant de cette dernière. Ce sont les locuteurs d'une langue qui la rendent vivante et la font naturellement évoluer, pas ceux qui l'enseignent à titre de langue étrangère et dont en plus ce n'est pas la langue maternelle !! Evidemment, pour le Latin ...
Et au fond, quel est le but de l'apprentissage du Latin ? S'amuser à traduire du Français contemporain avec ses mots nouveaux, où à un moment avoir ne serait-ce qu'un peu accès à la culture de cette langue, en ayant la capacité d'approcher ses textes classiques ? Il me semblait que l'intérêt du Latin c'était quand même d'abord la littérature ... latine.
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