Nuançons. par Rémi 2012-12-07 21:07:47 |
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- L'usage universitaire, donc étroitement circonscrit (Bergson et tant d'autres étudiants moins célèbres) ne signifie pas le développement, non plus que l'usage entre amateurs
- l'ajout de vocabulaire supplémentaire ne signifie pas la transformation du sens des mots qui existent déjà (Dieu nous garde !! ), comme cela se passe dans une langue vraiment vivante
- la prononciation quasiment uniquement dans le cadre liturgique témoigne au contraire d'un lieu d'usage "artificiel" pour une langue, du moins si on la suppose vivante, très étroit et très figé, puisque aucune phrase nouvelle n'est jamais formée, que nous sommes dans l'espace sacré et non dans le quotidien, qu'il n'y a pas de dialogue, ou si peu, et en aucun cas bien sûr libre et renouvelé chaque fois ! On peut même parler de langue réservée !
Quant à la vocalisation elle-même, elle est nécessairement artificielle, une fois de plus parce que personne ne parle un Latin reçu comme langue maternelle ... et parce qu'en l'occurence le latin est ... chanté ! Ou psalmodié, ou récité à vois basse. Rien de plus figé, encadré et purement formel !! Imaginez le Français seulement chanté dans les lieux de culte d'une religion, et incompréhensible par la plupart des gens au quotidien, direz-vous qu'il est encore une langue vivante ? Et puis pensez à la prononciation "à la française" du Latin liturgique, par exemple, en quoi était-elle celle d'une langue vivante ? Ou la prononciation liturgique "romaine" quasi-mécanique, sans accents ni véritable rythme !
Toute prononciation d'une langue apprise par l'écrit et non par l'écoute (maternelle, ou au moins dans un contexte d'usage quotidien chez un peuple locuteur ou par un locuteur dont c'est la langue maternelle, choses impossibles pour le latin) ne peut être nécessairement qu'une tentative de reconstitution, qu'elle soit celle des facultés ou des séminaires.
- Enfin si réellement le Latin d'Eglise évolue tous les jours (réellement en tant que langue, car vocabulaire nouveau, mais qui ne change rien à l'ancien, et prononciations diverses, cela ne touche pas la langue en tant que telle) ... alors nous autres catholiques avons un très très sérieux et grave problème sur les bras: comment sommes-nous sûr de croire la même chose que nos ancêtres, si nous ne sommes plus certains d'employer exactement la même langue qu'eux lorsqu'ils formulaient les contenus de leur foi ?
A nouveau soyons réalistes: le Latin est une langue morte, qui n'est plus ni vernaculaire, ni véhiculaire hors du seul cadre "artificiel" de l'Eglise, et il n'y a aucun mal ou honte à le dire. Et c'est d'autant plus une langue à conserver, enseigner, aimer etc. !
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