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"Dialoguer avec l'autre ou avec l'idée que l'on s'en fait."
par Scrutator Sapientiæ 2012-09-17 22:16:21
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Bonsoir et merci à Luc PERRIN.

Je me permets de vous renvoyer à ce que j'avais écrit le 22 janvier 2011 :

" Auteur : Scrutator Sapientiæ
Sujet : Dialoguer avec l'autre ou avec l'idée que l'on s'en fait.
Date : 2011-01-22 23:48:08

Bonsoir Meneau,

Tout d'abord, évidemment, merci beaucoup pour votre message, je puise toujours des encouragements, non seulement "doctrinaux", mais aussi pleinement spirituels, dans les messages répondant à mes "tentatives".

Je ne vais pas me lancer, à 23 heures 11, dans une phénoménologie du dialogue avec autrui, que ce soit dans sa dimension inter-personnelle au sens le plus large, ou dans sa dimension inter-religieuse au sens le plus précis, mais j'appelle votre attention sur le point suivant, qui relève, dans la limite de mes faibles forces, de l'enfoncement de porte ouverte, me semble-t-il.

Dialoguer avec autrui, dialoguer avec quelqu'un, cela revient, presque toujours, à dialoguer en grande partie avec l'idée, bonne ou mauvaise, juste ou injuste, que l'on s'en fait, compte tenu notamment des structures mentales que l'on porte en soi, ou compte tenu de ce qu'il dit ou pas, de ce qu'il fait ou pas, de la couleur de ses yeux ou du son de sa voix.

Seuls les saints dialoguent "en esprit et en vérité", et on le leur reproche bien assez, car alors il entre alors, si nécessaire, dans leur manière de dialoguer, suffisamment de dramatisme prophétique, pour que ce qu'ils disent, et qui peut être désagréable à entendre, puisse être aussi, si Dieu le veut, et Dieu le veut, profitable à écouter.

Et il n'y a que le Christ, dans l'Evangile, qui dialogue en s'impliquant à fond, en tant que Fils de Dieu, dans les divers dialogues qu'il a, même s'il le fait d'une manière "parabolique" et "paradoxale", parfois imprudente et ironique, souvent prudente et subtile ; il s'implique à fond, en ce qu'il engage toute sa personne, mais aussi en ce qu'il dialogue en direction de ce qu'il y a de plus profond, de moins apparent, chez chacun de ses interlocuteurs.

Or, si vraiment le Christ est Notre Seigneur, si vraiment nous en sommes les disciples, sous le coup de quelle "restriction mentale sélective permanente" les catholiques plus particulièrement chargés du dialogue inter-religieux devraient-ils TAIRE, entre autres choses, le fait qu'ils sont membres du Corps mystique du Christ, Fils du seul vrai Dieu, quand ils s'adressent à leurs interlocuteurs croyants non chrétiens ?

Tel est, non sous l'angle de la diplomatie confessionnelle (mais s'agit-il seulement de cela ?), mais sous l'angle de l'apostolat confessionnel, le fond du problème, en matière de dialogue ; celui-ci, me dira-t-on peut-être, risque fort de "tourner court", si jamais il consiste, non un enrichissement réciproque (culturel ou spirituel ?) mais en une exhortation à l'enrichissement unilatéral de celui des deux interlocuteurs qui adhère le moins ou qui n'adhère pas au Christ.

Eh bien, à tout prendre, je me demande s'il n'est pas préférable de rappeler que l'Eglise est chargée de dire certaines choses, non de les rendre les moins désagréables à entendre possible, plutôt que d'aller en direction de l'idée selon laquelle l'Eglise serait chargée de s'imposer de dialoguer à tout prix, au risque que ce soit au prix de sa raison d'agir et d'être, non pour exhorter à la conversion dans et par le Christ, mais pour exhorter à la convergence dans la paix mais sans le Christ.

Après "je t'aime moi non plus", nous avons droit en effet, depuis quelques jours, à un "je dialogue, moi non plus", ce qui montre bien qu'il y a vraiment un gros problème, qui ne relève pas, loin de là, de la seule conjoncture pastorale.

Bonne fin de soirée, et même bonne nuit, merci encore pour votre message. "

J'ajoute l'effet pervers suivant : le dialogue est devenu bien souvent une affaire de professionnels du dialogue, qui véhiculent en eux et autour d'eux un climat mental tout à fait particulier ; quand on lit certaines brochures ou certains ouvrages, on se demande franchement

- si un acte de foi en la génialité du dialogue n'y précède pas, ou n'y surplombe pas, l'acte de foi en Dieu, Père, Fils, Esprit, et ne dépasse pas, ne surclasse pas, tout autre positionnement doctrinal ou pastoral qui serait appauvri ou limité parce qu'il serait plus ou moins "adialogal" ou "adialogique".

- si l'acte de foi en Dieu, Père, Fils, Esprit, n'est pas considéré comme une explicitation particulière, propre aux chrétiens, de la foi en Dieu, parmi plusieurs autres explicitations particulières disponibles, toutes légitimes, toutes de même fondement, de même nature, de même visée et de même portée.

Scrutator.

     

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