Et le sacré dans tout cela ? par Didyme 2011-10-30 18:16:27 |
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Il me paraît que l'ont omet un aspect important de l'affaire : la sacralité du Christ.
Dès lors que l'on considère que le Christ et sa représentation (la représentation n'étant qu'une extension de l'identité) peuvent être traités sous les formes scatologiques et vulgaires que lui impose M.Castelluci, comment doit-on alors recevoir la sainte communion ?
Trop habitués à voir dans la personne du Christ notre frère en Dieu, beaucoup finissent par mettre de côté le fait qu'il soit Dieu. Le sacré est justement ce qui permet sociologiquement de constituer une unité au sein d'une même religion. La perte du sens du sacré entraîne la division des troupes, comme aujourd'hui. Le sacré est le caractère absolu de ce qui transcende l'humain. Voyez-vous une quelconque transcendance dans la pièce de M.Castelluci ? Il revendique justement le contraire (a contrario, La Passion du Christ de Mel Gibson, bien que violent, assumait une fonction transcendante)
Le mot "sacrifice" vient du latin sacrificium, qui signifie éthymologiquement "qui rend sacré". Le sacrifice de la croix rend sacrée la personne du Christ et, par voie de conséquence, sa représentation. D'où une certaine pudeur qu'entretiennent le chrétiens avec le Christ. On peut reprocher aux chrétiens de ne pas suffisamment parler de l'humanité du Christ, peut-on leur reprocher de se scandaliser d'une telle représentation ? Ce n'est pas parce qu'il s'agit d'une représentation du Christ qu'il faut tout se permettre. Là aussi, le sacré joue un rôle.
On parle de "récupération politique" et de mauvais combat. Mais est-ce normal de laisser faire une telle désacralisation ? Non, vraiment, je ne peux me résoudre à penser que, face à un tel spectacle, les Chrétiens aient eu tort de réagir. Il en va de la sacralité du Christ et, par extension, de son respect dans la société. Certaines personnes sont interpellées par cette pièce. Ne sont-elles pas justement troubler dans leur foi ? Réduire le Christ à un homme est le fondement du protestantisme. Cette désacralisation entraîne logiquement le renoncement à la foi qui se trouve vidé de son contenu.
Je ne prétends nullement faire la morale à qui que ce soit, mais je ne vais certainement pas condamner les manifestants.
Ensuite, vous demandez s'il peut y avoir débat dans l'Eglise. Bien sûr, il y a et il y aura toujours débat. Mais quand il s'agit de sacré, il faut aussi accepter que le débat devienne particulièrement sensible. C'est une preuve que le sacré fait encore sens.
La question du blasphème ne se pose pas vraiment comme vous le faite, à mon sens. Cela n'engage que moi, mais aujourd'hui de nombreuses personnes revendique un "droit au blasphème", et il ne faudrait pas céder sous prétexte de redéfinir précisément ce qu'est un blasphème. Car si vous acceptez un blasphème, vous finirez pas les acceptez tous("si vous avez dit oui à cela, pourquoi pas ceci ?").
Conscient que certains sont inutilement violents, je vous souhaite bon courage. Mais, étant prêtre, vous savez bien que certaines personnes sont particulièrement sensibles et réagissent très mal à ce type de pièce. Cela ne se justifie pas, mais cela fait tout de même partie du jeu. De la part d'un pasteur de l'Eglise, je pense que vous ne pouviez vous attendre à mieux.
Quant à l'honnêteté intellectuelle, je ne doute pas que vous l'ayez, mais n'oubliez pas que les manifestants peuvent également l'être tout autant que vous.
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