Bon déjà on va se calmer. Une mère "aux abois" c'est par exemple une mère seule qui élève ses enfants parce que le père s'est tiré la laissant seule en plan. Les gosses sont livrés à eux même, la mère travaillant d'arrache pied pour les loger et les nourrir. Résultat dans ces circonstances, les enfants sont confrontés à la violence ordinaire et à une sexualité débridée qui s'exprime partout.
Dans cette situation je veux bien qu'on parle de "mère aux abois". Là on est dans le cas d'une mère qui pour des raisons légitimes somme toute, s'oppose à une certaine façon d'enseigner l'éducation sexuelle. Les mots ont un sens, arrêtons de dramatiser à l'extrême !
C'est quoi cette différence voltairienne gnangnan entre un manuel scolaire qui n'est pas un cours. Dans une tasse à café ou dans un verre à thé, l'arsenic n'est-il pas le même?
C'est bien, cela permet de voir que pour vous le sexe est un arsenic... Au moins on voit quel message positif vous véhiculez à ce sujet et ceci en contradiction totale avec le discours de l’Église qui souhaite au contraire remettre un discours positif sur ce thème.
Cette différence "voltairienne" se fonde sur l'expérience que j'ai pu avoir et que j'ai encore aujourd'hui puisque je ne suis pas très loin du monde de l'enseignement. Évidemment si on imagine sérieusement qu'un professeur arrive en guise de cours avec le programme officiel de l'éducation nationale ou des manuels, sans rajout ni apport personnel, alors je comprends qu'on puisse s'inquiéter. Mais dans ce cas mon inquiétude ne porterait pas seulement sur le cas de l'éducation sexuelle mais sur TOUT l'enseignement !
Là encore je vous invite de temps en temps à voir un peu le monde comment il fonctionne en dehors d'un certain vase clos. Mon parcours m'a fait côtoyer lorsque j'étais au collège ou au lycée, des personnes socialement très diverses avec des situations de vies parfois épouvantables. Je sais aussi comment ces informations "techniques" qui vous choquent tant ont pu leur être utiles pour prévenir des comportements à risques. Faute de grives on mange des merles, faute de la chasteté demandée par l’Église, autant limiter les dégâts collatéraux comme le faisait remarquer le Pape dans Lumière du monde.
Bref les manuels sont faits pour le plus grand nombre et permettent à chacun de disposer d'une information brute de décoffrage en support généralement à un cours sur le sujet qui permet d'ouvrir aux questionnements des uns et des autres. Cependant il ne faut pas non plus dramatiser à l'extrême ces fameux "cours" de SVT. A mon époque (C'était il y a moins de 6 ans) ils donnaient lieu en général à des discussions amusées qui ouvraient généralement une discussion très intéressante sur le regard des garçons sur les filles et inversement. Cela invitait aussi à se regarder autrement, en dehors du fantasme et des préjugés pour apprendre à se respecter. Je précise que j'étais dans le public et que jamais de tels cours n'ont donné lieu à des incitations à la débauche ou je ne sais quoi. Au contraire nous avions une réelle liberté de ton qui permettait avec nos mots de poser les questions à des professeurs. Cela évitait d'aller piocher sur le net tout et n'importe quoi comme le font beaucoup de jeunes et pour le coup avec une vraie incitation à la débauche !
C'est que vous pensez de l'évangile aussi?
C'est toujours aussi agréable les sous entendus de ce genre comme quoi en fait, je serais quelqu'un sans foi parce que je refuserais par exemple de faire de la censure de manuels ou du découpage de pages dans les programmes TV. Ceci dit je pourrais très bien transposer ces considérations sur les textes des manuels à l’Évangile. En effet sans la Tradition, seconde source de notre foi, l’Évangile peut être lu de façon biaisée et ainsi tomber dans une lecture fondamentaliste et protestante du texte. Mais bien sûr, j'imagine que ce genre de subtilités ne vous a pas effleuré l'esprit.