"Le parricide théologal ou déicide" par le torrentiel 2011-08-08 03:07:45 |
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Cher Peb,
Comme bien des choses que vous écrivez, cette expression me paraît particulièrement heureuse, si l'on peut ainsi parler à propos d'un tel malheur que celui du " parricide théologal (et) déicid". J'y reviendrai.
Mais je commence par vous emboîter le pas à propos de "JE SUIS". Une scène particulièrement bouleversante fait tomber les soldats la face contre terre au moment de la Passion, après que Jésus leur a demandé:
"Qui cherchez-vous ?"
et qu'à l'énoncé de Son Identité, Il leur a répondu :
"C'EST MOI!", décalque de :
"JE SUIS" !
Quant au parricide théologal et/ou déicide, vous faites bien, pour commencer, de mettre l'accent sur le fait qu'à la fin des fins, c'est le Père en Son Fils Que l'homme visait, c'est le Père que l'homme voulait tuer, cette volonté n'a cessé de se prolonger dans l'histoire, on peut dire qu'elle a atteint symboliquement son but dans les philosophies de la mort de Dieu et dans l'exhortation à "tuer le père" pour atteindre la maturité de son "moi psychique", la paternité humaine étant le reflet de la paternité divine ; et c'est en S'impliquant dans ce souhait de l'homme qu'Il Meurt qu'à la fois Dieu a Participé au Sacrifice de Son Fils, et n'a pas souhaité que celui-ci s'accomplisse, mais a pris acte de ce péché contre Son Insigne dignité et Nécessité pour à la fois donner à l'homme ce qu'il demandait et le sauver en l'exhauçant dans la plus blasphématoire de ses prières.
Pour dire par quelles étapes me semble avoir été intellectuellement consommée la Passion de Dieu en Son Fils, je crois qu'elle a commencé par la Passion physique du Christ Qui nous a obtenu la Rédemption par ce sacrifice bien réel; qu'elle s'est prolongée par les deux modalités du meurtre du Père que j'évoquais dans le paragraphe précédent; qu'elle s'achève enfin dans la posture du constat de décès du langage qu'ont fait les structuralistes qui ont en même temps souhaité cette "mort du langage", voulant attenter par là à "la Fonction Verbe" du Christ, Qui est le pendant de Sa nature divine, la Nature humaine du Christ ayant déjà été clouée sur le bois. Ils ont bien réellement attenté à la Fonction Verbale, et c'est en cela que la Nature divine est impliquée dans la Passion sans être bien sûr anéantie par ell ; cet attentat s'est manifesté en réduisant les mots à des signes, en pratiquant l'ellipse du verbe (et de la syntaxe, c'est-à-dire de l'ordonnancement du monde) à travers la presque totalité de la poésie contemporaine.
Et ces exécuteurs du Langage ont parfaitement perçu, en fin de compte, que la "mort du langage" devait aboutir à "la mort de l'homme", la substitution du paradigme de "la terre" à sauver étant sans doute un avatar du constat de décès de l'homme, qu'ils croient avoir dressé.
Toutes les générations (sic) se sont fabriquées leurs petites "apocalypses portatives" qu'ils voudraient indépendantes de la véritable Révélation de la Création, passée au creuset de Dieu comme l'or à l'épreuve du feu. Mais il faut reconnaître que notre génération n'a pas eu son pareil pour pousser si loin la sienne qu'elle en a, non seulement forgé intellectuellement une conception systématique, mais aussi scientifiquement obtenu les moyens de détruire par elle-même ce que Dieu avait créé, et encore de bouleverser les règles de la génération animale et humaine (insémination artificielle, bébés-éprouvettes, congélation des embryons, hommes-chimères, etc.
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