Compléments sur cette question de l'arcane par Ludwik 2026-05-17 16:27:56 |
|
Imprimer |
Quelques extraits significatifs sur le sujet, tirés d’un article bien fait de 2008, Dragula, A. (2008). Nous faut-il une nouvelle « discipline de l’arcane » ? Perspective polonaise. Théologiques, 16(1), 163–177.
https://doi.org/10.7202/019189ar
"Dans les années cinquante du siècle dernier, le théologien allemand Karl Rahner s’est opposé catégoriquement à la messe télévisée :
« La caméra peut-elle voir et faire voir au tout-venant ce que voit et a le droit de voir le chrétien qui participe à la célébration du mystère de l’Église ? » (Rahner 1966, 91)
La possibilité technique de la transmission télévisée de la messe n’était pas pour lui une raison suffisante de le faire. Il s’est opposé aussi fermement à la transmission de la messe dominicale pour les malades, comme à la transmission des événements marquants ou exceptionnels de la vie de l’Église auxquels les fidèles ne sont pas en mesure de participer personnellement :
« est-ce une raison pour donner à l’œil de la caméra les mêmes droits qu’au regard de foi et d’adoration du fidèle ? »
Son opinion à propos de la nature de l’Eucharistie était bien claire :
« La messe est de ces choses qu’il ne convient pas de donner en spectacle à n’importe qui »."
Et encore:
"Le 21 décembre 1926, František Kordač, l’archevêque de Prague, a demandé au Saint-Office si l’on pouvait transmettre la messe solennelle à la radio. La réponse donnée le 26 janvier 1927 était fort courte :
« Non expedire ».
Dans l’explication, on a cité l’opinion propre du pape Pie XI à propos de l’utilisation et de la mise en œuvre de la radio dans les églises pour la prédication ou les autres cérémonies sacrées :
« Le Saint-Père, lisons-nous dans ce document, s’y est totalement opposé, de telle sorte que cela ne peut être permis pour aucun motif » (Dubost 1987).
Selon le Saint-Office, le pape avait donné la même réponse négative en différentes occasions, ce qui veut dire que son désaccord pour la messe radiodiffusée était catégorique. En même temps, ce document a rappelé que le pape :
« a toujours maintenu l’interdiction de reproduire cinématographiquement la liturgie de l’Église ».
En 1928, l’archevêque Kordač s’est adressé de nouveau au Saint-Office. Cette fois-ci, il a seulement demandé s’il était :
« permis de transmettre au moyen de la radio les chants liturgiques de la messe ou des autres fonctions religieuses, soit en entier, soit en partie, en exceptant toutefois le chant du prêtre et des ministres » (Médiathec 1990, 43).
Le Saint-Office a rappelé sa réponse du 26 janvier 1927, ajoutant en même temps que :
« si d’autres églises catholiques de l’univers se sont permis de diffuser à l’aide de la radio les chants liturgiques de la messe, le Saint-Office tient à déclarer expressément que c’est là un abus, qui s’est pratiqué sans son consentement ».
Dans les réponses du Saint-Office de cette époque, nous trouvons toujours la même idée. Ce qui compose l’Eucharistie, notamment les actions, les paroles, les chants du prêtre et d’autres ministres, ne peuvent être ni diffusés ni enregistrés par les moyens de communication, comme la radio et la reproduction cinématographique.
La transmission télévisée de la messe n’a pas rencontré la même méfiance de la part du Vatican que celle diffusée à la radio. Le 17 avril 1949, le pape Pie XII s’est prononcé pour la première fois au sujet de la messe télévisée. D’après lui, la messe télévisée (cette fois-ci c’était la messe de Noël) est pour :
« de nombreux fidèles [...] une vive joie et un immense bienfait » (Médiathec 1990, 106).
Dans le même discours, le pape a exprimé sa joie en disant que :
« l’univers pourra contempler directement [...] les manifestations de la vie catholique ».
Ainsi, la télévision est devenue un moyen de la démonstration de la puissance de l’Église."
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|