Nous sommes d’accord sur l’essentiel par Signo 2026-04-22 15:46:19 |
|
Imprimer |
Concernant le lien entre l’évêque et le rite liturgique, une précision.
Effectivement mon propos n’était certainement pas de donner à l’évêque un pouvoir absolu sur la liturgie. Il s’agit simplement de dire que l’épiscopat étant la source secondaire de la vie ecclésiale (ibi episcopus, ibi ecclesia), c’est l’évêque qui est le législateur ordinaire de la liturgie pour les communautés placées sous sa juridiction.
Pour qu’un rite soit légitime dans l’Eglise il faut qu’il s’inscrive dans la tradition d’une Eglise particulière. On me retorquera qu’il y a les rites d’ordres mais c’est déjà presque une anomalie moderne au regard de la tradition ancienne.
Un rite liturgique est par définition traditionnel, c’est-à-dire qu’il est transmis par tradition orale de génération en génération dans une communauté donnée dans le cadre d’un développement organique. Parler de « liturgie traditionnelle » est un pléonasme que nous sommes bien obligés d’utiliser depuis qu’est apparu dans le monde occidental cet OVNI qu’est le rite de Paul VI (un rite fabriqué donc non-traditionnel… ce qui relevait de l’impensable jusque-là).
Autrement dit, dire que l’épiscopat est la source de la vie ecclésiale -et donc liturgique- ne signifie pas que l’évêque dispose d’un « pouvoir absolu » sur la liturgie. Chaque évêque est lui-même gardien de la tradition du rite de son Eglise et dépositaire d’un héritage qu’il peut réguler mais pas détruire ou abolir. Il me semble avoir lu que dans l’histoire de l’Eglise de Lyon, il y a eu des exemples de primats qui ont tenté de porter atteinte au rite lyonnais, voire de l’abolir pour le remplacer par un autre, et fort heureusement le chapitre cathédral s’y est opposé et a défendu l’intégrité du patrimoine liturgique de l’Eglise locale.
Bien évidemment les circonstances historiques font que seuls quelques grands rites subsistent (une trentaine tout de même en usage dans toute l’Eglise catholique, en Orient et en Occident) et sont adoptés par les diocèses de plus petite taille.
A noter également que je ne dis pas qu’il faut abandonner totalement « la réforme de la réforme », qui restera nécessaire à terme pour corriger la réforme ratée de 1969, je dis simplement que pour le moment la priorité est de sauver ce qui reste de la liturgie traditionnelle en lui donnant un statut officiel et un cadre stable, et que le projet ratzingérien est un projet de long terme (plusieurs siècles à mon avis) qui deviendra sans objet si les derniers rites latins traditionnels encore pratiqués (romain et dominicain surtout) disparaissent…
Il est clair que la création d’un Ordinariat pourrait changer assez profondément la question de la FSSPX : celle-ci pourrait alors difficilement invoquer l’état de nécessité sans sombrer dans la mauvaise foi. Certaines « communautés amies » de la Fraternité trouveraient dans l’ordinariat un cadre officiel et protecteur pour régulariser leur situation canonique.
Concernant le choix du, ou plutôt des ordinaires (car a mon avis il faudra plusieurs ordinariats), la question est complexe : d’un côté je souhaite que des prêtres traditionnels soient sacrés dans l’ancien rite, mais le choix d’un prêtre issu de telle ou telle communauté pourrait provoquer des frictions et/ou des jalousies… je pense qu’il faudrait un mixte entre des évêques issus de l’appareil ecclésiastique officiel (je pense à Mgr Ganswein, ou Mgr Pozzo… pourquoi pas Mgr Schneider) et des évêques issus du monde traditionnel.
J'avoue avoir une pointe d'inquiétude concernant Campos: il n'est pas certain du tout qu'un sacre épiscopal dans l'ancien rite soit autorisé pour donner un successeur à Mgr Rifan. Il est possible que Rome préfère laisser l'expérience s'eteindre en douceur...
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|