Unité des tradis et unité de l’Eglise par Signo 2026-04-18 12:08:43 |
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Il est étonnant et triste en effet de voir autant de divisions entre des catholiques qui devraient communier dans une même vision de l’Eglise.
Mettre en pratique la fameuse maxime latine In necessariis unitas, in dubiis libertas, in omnibus caritas aurait pourtant permis d’éviter bien des déchirures. Souvenons-nous encore et encore de ce qu’écrivait en son temps le fondateur des capucins de Morgon, le RP. Eugène de Villeurbanne. Des propos qui témoignent de ce qu’était le mouvement traditionnel à ses débuts, encore imprégné du sens de l’Eglise et d’un authentique esprit de foi.
Le lefebvrisme fut essentiellement à ses origines un dynamisme, une réaction pragmatique, légitime et saine à la crise de l’Eglise. Il devient problématique, car tendant au schisme, dès lors qu’il se fige, qu’il se met à dogmatiser et absolutiser des positionnements de nature prudentielle, qu’il se pétrifie dans une attitude de pure réaction.
En réalité il suffit d’écouter ce que disait Mgr Lefebvre dans les années 1970 pour s’apercevoir que la FSSPX a profondément muté depuis. A l’époque il n’était pas question de « refuser tout accord avec Rome ». Mgr Lefebvre soutenait toutes les initiatives traditionnelles où qu’elles étaient, il n’était pas question de faire de la FSSPX une communauté autosuffisante et seule détentrice de la vérité, excluant toutes les autres réalités traditionnelles. Ce qui était réclamé, c’était non pas « une conversion de Rome », considéré comme un pré requis nécessaire, mais simplement « la possibilité de faire l’expérience de la Tradition », en toute liberté et sérénité.
La vitalité des communautés traditionnelles unies à Rome (pèlerinage de NDC, Barroux, paroisses personnelles, instituts divers) montre que ce choix était le bon. Certes, la difficulté à critiquer publiquement les erreurs dans l’Eglise est une vraie difficulté, qu’il faut regarder en face. Mais elle ne justifie pas de s’installer de facto dans une situation de séparatisme durable. Quand j’entends certains prêtres de la FSSPX, interrogés sur une éventuelle poursuite de discussions avec Rome après les sacres, me répondre: « À quoi bon? », je ne peux qu’être inquiet quand à l’avenir de cette communauté. Pour paraphraser le regretté pape François (grand ami de la FSSPX), « il y a déjà une très belle Église vieille-catholique, il n’y a pas besoin d’en avoir une deuxième ».
Sur temps long, on observe qu’une intégration dans la régularité canonique tend à l’unité et à la guérison des blessures et des divisions. Il fut un temps où les MMD, en froid avec la FSSP, étaient interdits de pèlerinage de Chartres. Grace à l’action bienfaisante de la communion ecclésiale, la division est dépassée aujourd’hui. Au contraire, les communautés en rupture avec la vie normale de l’Eglise tendent à une division toujours croissante et à un morcellement grandissant: à la division entre la FSSPX et les groupuscules sédévacantistes s’est ajouté le « schisme » de la pseudo « Résistance », avec une multiplication de sacres illicites et des micro-chapelles, s’anathémisant réciproquement sur la base du moindre désaccord. Ce morcellement croissant, témoignant d’un refroidissement de la charité (qui va toujours dans le sens de l’unité par delà la diversité légitime des points de vue) est un signe quasi certain de l’absence du Saint-Esprit dans ces milieux, et donc du règne du diable, le grand diviseur. Le principe « Hors de l’Eglise point de salut » n’est pas seulement un principe sotériologique abstrait: c’est une loi quasi-biologique que l’on peut vérifier empiriquement.
Alors oui tout cela est triste. J’aurais aimé une communion entre la FSSPX et les communautés en régularité canonique. Je n’ai jamais cherché à dissuader quiconque de pratiquer dans leurs chapelles, contrairement à d’autres. Mais enfin, je suis bien obligé de reconnaître que côté FSSPX, en dépit de certaines exceptions, le sens de l’Eglise s’est évaporé.
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