[réponse] par Ludwik 2025-10-04 12:00:20 |
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La formulation de la question est assez triste. Je passe sur le terme uniate.
Mais tout de même — pour rappel, dans l’Église catholique, il y a certes l’Église latine, qui prédomine en nombre de manière absolue, son patriarche étant aussi évêque de Rome et donc chef de l’Église universelle.
Mais il existe aussi des Églises de traditions orientales — vingt-trois, excusez du peu ! — : byzantines (ukrainienne, roumaine, slovaque, macédonienne, grecque, ruthène, melkite, etc.), syriaques (syriaque catholique et maronite), arménienne, copte ou encore chaldéenne (chaldéenne catholique et syro-malabare).
Ces Églises relèvent chacune d’un droit propre et jouissent d’un degré d’autonomie plus ou moins important, souvent proportionnel à leur taille et à leur histoire.
Il n’y a pas eu de réforme liturgique d’ensemble pour toutes ces Églises (qui sont, administrativement parlant, distinctes les unes des autres, avec leur primat : patriarche, archevêque majeur, etc.).
En revanche, certaines ont connu des réformes partielles ou des adaptations influencées par ce qui s’est passé dans l’Église latine.
Le cas le plus triste est sans doute celui de l’Église maronite — une Église de tradition syriaque — qui a subi une latinisation et donc une « paulsixisation » majeure.
La seule Église que je connais bien est l’Église gréco-catholique ukrainienne. Il n’y a pas eu de réforme liturgique à proprement parler, mais les textes ont été traduits du slavon liturgique en ukrainien, et par ailleurs le calendrier a été récemment modifié (sans rapport avec une influence moderniste, même si je le déplore) : passage du calendrier julien au calendrier julien réformé (comme un certain nombre d’Églises « orthodoxes » l’ont fait).
On ne peut en aucun cas faire un « paquet » des Églises de traditions non latines unies à Rome : elles n’ont entre elles ni unité administrative, ni unité rituelle, ni unité disciplinaire, ni même linguistique.
Il faut enfin rappeler qu’en 1968 — et plus largement durant toute la période soviétique —, la quasi-totalité des Églises de tradition byzantine se trouvaient de l’autre côté du rideau de fer : persécutées, anéanties ou contraintes à la clandestinité. Quelle réforme y aurait-il pu avoir ?
Bref, je vous ai répondu pour l’Église gréco-catholique ukrainienne, et aussi pour l’Église maronite.
Je laisse parler les spécialistes pour ce qui concerne les vingt et une autres Églises locales.
Je lis souvent ce forum et je m’interroge : pourquoi les catholiques latins ne connaissent-ils que leur propre Église, alors qu’un catholique d’une autre tradition, s’il est un tant soit peu cultivé, connaît les autres traditions catholiques ?
Et cela vaut aussi (surtout?) pour le clergé.
C’est d’une tristesse sans fond.
Et cela explique certainement, du moins en partie, une forme de fascination malsaine pour les hétérodoxes se nommant « orthodoxes ».
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