curieuse fixation sur la paramentique Signo par Luc Perrin 2025-06-10 11:14:11 |
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Vous concédez vous-même que cette paramentique que vous détestez, c'est votre opinion au plan esthétique, a été employée depuis le XVIe siècle : 4 siècles et plus excusez du peu... Elle n'est donc pas si liée au XIXe siècle que vous détestez aussi apparemment et là j'avoue ne pas du tout saisir vos raisons.
Le "gothique" ou plutôt néo-gothique imaginé est lui aussi du XIXe ces ornements apparaissent en gros au milieu du siècle dès la Monarchie de Juillet. Ils reviennent en vogue avec le Mouvement liturgique dans les années 1920-1930 et suivantes. Il y a de belles chasubles de type gothique des années 1950 et tout début 1960, j'en ai vu et je partage votre amour pour ce type d'ornement quand il est de haute qualité.
Je ne pense pas que les 19000 participants inscrits au pèlerinage soient venus pour voir une paramentique spécifique mais surtout pas les choses de très mauvais goût qui se voient trop souvent pas toujours dans le rit moderne : le modèle toile de tente ou les décorations ridicules. Les pèlerins je crois savent ce qu'ils ne veulent PAS voir et en ce sens, la paramentique XVI-XXe leur convient.
Je pense que les ornements dits gothiques seraient acceptés aussi par le public s'ils sont de la qualité 1840-1860 ou 1920-1960.
Il est frappant, et cela devrait vous inquiéter sérieusement, qu'Attila Martin le trop célèbre évêque de Charlotte (USA) a dédié un article de sa si scandaleuse Note qu'elle n'a pas pu être publiée officiellement à ... la paramentique : il y dit sa hargne envers la paramentique classique et impose le modèle moderne médiocre. Personnellement, sur ces questions, je n'aimerais pas me retrouver aux côtés du désastreux évêque Michael Martin.
Quand Mgr Martin énonce son rejet de la paramentique classique - tout style avant 1962 -, il associe cela à la modernité libérale destructrice qu'il embrasse à travers les ornements dégradés qui ont sa faveur. Les pèlerins et les fidèles des paroisses ne viennent pas pour assister à un culte dédié à cette Modernité justement.
Je note que les Orientaux que vous citez volontiers n'ont pas d'état d'âme à user d'une paramentique ancienne : je suis ignorant de l'histoire de cette paramentique dans les diverses Églises d'Orient mais je gage qu'elle a dû évoluer aussi comme celle du rit romain, la "caisse à violon", n'étant en fait qu'une évolution pratique au départ.
Pour ce qui est du chant liturgique arménien, sublime, il est pour l'essentiel de nos jours dû au compositeur Komitas qui vécut de 1869 à 1935. Une époque vouée à votre détestation. Or ce musicien s'est inspiré des mélodies antiques et médiévales oui mais il a été fortement influencé par la musique occidentale du XIXe ayant vécu en France pendant un bon moment.
Des savants dans l'histoire de la paramentique orientale pourraient nous informer à ce sujet.
A trop vouloir idéaliser une époque donnée, on oublie la dimension évolutive raisonnable : je reprends votre critique du XIXe mais je la retourne contre votre fascination pour l'Antique. Imagine-t-on aujourd'hui les clercs en tenue du Ier ou IIe siècle de notre ère ... Le vénérable Pie XII a traité de cette question dans son encyclique Mediator Dei (1947).
"Gothique" ou tridentine/classique, l'idée est la même : la sanctification qui ne passe pas par l'abaissement envers le libéralisme à visage totalitaire.
ps. Un site américain tradi relève que les oeuvres du détestable Père Rupnik qui étaient utilisées sous François par le site du Saint-Siège ont été retirées et remplacées par des oeuvres plus ... classiques.
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