Attention aux reconstructions a posteriori par Candidus 2025-05-06 17:30:21 |
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Bugnini n'avait absolument aucune raison d'écrire ces lignes en janvier 1965 si elles ne traduisaient pas ses convictions du moment. Au contraire, s'il avait été animé de l'intention de démanteler le rite romain, il aurait eu tout intérêt à rester dans le vague quant au degré de réalisation de la réforme liturgique souhaitée par le Concile. Il ne pouvait pas ignorer que ces propos ("Scripta manent"), publiés dans le quotidien du Saint-Siège, pourraient lui être opposés ultérieurement avec une accusation de duplicité à la clé. Mgr Bugnini avait de nombreux ennemis, pourquoi leur offrir sur un plateau une possibilité en or de dénoncer par la suite son hypocrisie et son double-jeu ?
Je maintiens que la réforme liturgique telle qu'elle s'est réalisée a été le résultat d'un dynamisme sociétal et ecclésial propre à cette époque. Le vent de la contestation s'est mis à souffler sur la société et sur l'Eglise, et dans ces deux corps, des personnes faibles qui avaient pensé et vécu jusqu'alors en harmonie avec les valeurs traditionnelles, se sont laissées fasciner en peu de temps par des utopies révolutionnaires.
C'est sûr qu'intellectuellement, il est plus facile et satisfaisant d'expliquer cette époque en dénonçant un complot et des manigances coordonnés, conduits de longues dates, avec des objectifs bien arrêtés, par des loups déguisés en brebis. La réalité est certainement bien plus complexe, ce sont des individus à la formation déficiente, se retrouvant face à des opportunités inattendues, dans l'atmosphère enivrante des Trente Glorieuses, sous un pontificat inhibé, velléitaire et indécis.
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