Monsieur l’abbé, je serai curieux de savoir ce que vous pensez du passage que je découvre dans l’étude dont le lien est donné dans le post d’AVV-VVK, étude dans laquelle on apprend, p. 177, que les statuts de l’Opus...
...puisent leur source d’inspiration dans les décrets du concile, en particulier Lumen Gentium et Presbyterorum ordinis [concernant ce dernier texte, comme pour la FSSPX…].
Dans la pensée des fondateurs de l’Opus, il n’ a pas d’opposition ni même de restriction à l’égard du concile ; simplement il s’agit de recevoir le « vrai » concile, dont ils veulent dégager les véritables intentions réformatrices des initiatives de « réformateurs » autoproclamés. Pour le chanoine Catta, il n’y a pas à accepter le concile mais « à le recevoir comme s’inscrivant parmi cette longue suite de documents du Magistère, dans lequel l’Eglise exprime sa foi ». Le concile n’est donc pas facultatif. D’ailleurs l’Opus sacerdotale a d’autant moins de raisons d’être réticent à l’égard des actes du concile qu’il y puise la justification de son existence. Le décret Presbyterorum ordinis ayant loué la formation d’unions sacerdotales (n°8), le chanoine Catta vit toujours dans la rencontre de l’intuition de Fontgombault, en avril 1964, et l’encouragement du Concile à la constitution de tels groupements sacerdotaux fraternels, un signe providentiel.
Passage qui démontre à mes yeux qu’une ligne conciliant l’attachement à la tradition liturgique intégrale et la réception du Concile dans une optique d’herméneutique de continuité, a toujours existé dans l’Eglise et n’a pas attendu les développements ratzingériens ultérieurs . Cette ligne équilibrée me paraît être la bonne attitude dans les débats actuels autour de la question de la liturgie traditionnelle et les discussions avec les autorités.
Les bons arguments vis a vis des autoritesme semblent être les suivants :
1. Le mouvement traditionnel adhère à Vatican II en lisant ce concile à la lumière de la Tradition (approche suggérée par la lettre des textes conciliaires eux-mêmes) ;
2. Les autorités ne peuvent pas accuser le mouvement traditionnel d’instrumentaliser l’ancien rite dans un combat contre le Concile,
puisque ces mêmes autorités ainsi qu’une grande partie de l’épiscopat trahissent eux-mêmes le Concile dans de très nombreux domaines (liturgie, rapport à la Vérité, formation sacerdotale, évangélisation, etc), ce qui est facile à démontrer, citation des textes conciliaires à l’appui ;
3. La radicalité de la réforme liturgique –radicalité dont la conformité avec les souhaits du Concile est contestable-, les circonstances historiques de son élaboration -telles qu’elles ressortent des témoignages croisés de Mgr Lefebvre et du P. Louis Bouyer-, son bilan pastoral avec cinquante ans de recul, ainsi que l’attractivité pastorale de la liturgie traditionnelle sont des constats factuels et objectifs qui justifient la possibilité pour les clercs et fidèles qui le désirent de pratiquer la liturgie traditionnelle intégrale dans un cadre canonique officiel, sans préjudice pour la communion ecclésiale.
Même s’il y a sans doute un peu de naïveté de ma part concernant le point 3, il me semble que ces arguments sont de nature, sans se mettre en porte à faux vis-à-vis de l’obligation faite à tout catholique d’obéir aux pasteurs légitimes et au magistère ordinaire, d’engager un dialogue franc avec les autorités sur des bases saines, et sans donner le bâton pour se faire battre en se réfugiant dans une posture anti conciliaire difficilement défendable.