Plusieurs choses par Signo 2025-01-16 19:05:29 |
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1. Je ne sais pas pourquoi vous associez spontanément la sobriété et la simplicité à la laideur et l’ornementation chargée à la beauté. Si vous assistez à une messe pontificale au Barroux ou à Fontgombault, vous aurez une belle sobriété et même un certain faste, mais sans surcharge, sans ornementation lourde etc. Pourtant c’est exactement le même rituel que la messe de clôture de Chartres… La sobriété n’empêche nullement le déploiement de toute la ritualité et la solennité traditionnelles dans toute leur richesse. Par exemple l’église du séminaire d’Ecône, l’autel et en particulier la très belle chaire (récente) relèvent à mon avis de la « noble simplicité » dont parle Vatican II (on oublie souvent que dans « noble simplicité », il y a « noble »…). Je ne comprendrai jamais cette étrange manie tradi du « plus c’est lourd et surchargé, plus l’ornementation est foisonnante, plus c’est beau ». Sans aller jusqu’à la radicalité cistercienne, qui relève de l’approche monastique, une simplicité belle et harmonieuse, par sa discrétion, soutient la prière et aide à se concentrer sur l’essentiel. Au contraire une ornementation trop foisonnante attire l’œil sur elle-même et fait passer l’essentiel au second plan.
2. Je constate que face à mon plaidoyer pour la noble simplicité, on me répond souvent par « oui mais la messe Paul VI… », « oui mais les églises modernes moches en forme de cube et en béton… » ce qui me conforte dans l’idée que le traditionalisme cherche moins la vérité en elle-même que « réagir à ». Réagir au vide et au minimalisme de l’art contemporain par la surcharge ornementale, réagir à l’ultra modernité contemporaine par la fixation sur certaines époques du passé (oubliant souvent que ces époques n’étaient que des stades différents de la même modernité). Il me semble que fonctionner par réaction est la pire des manières d’aborder une question, et notamment la question liturgique. C’est oublier que la vérité n’est pas le contraire de l’erreur (qui souvent n’est qu’une erreur inverse) mais une plénitude et un équilibre subtil qui, il est vrai, est difficile à atteindre et même à conserver.
3. Concernant les chasubles dites en « boîte à violon », le problème à mon avis qu’elles posent est double:
- d’abord elles sont tardives et apparaissent à une époque qui correspond à une forme de décadence de la liturgie. La chasuble dite « gothique » a en fait été utilisée depuis les premiers développements antiques de la liturgie latine jusqu’aux XVII-XVIIIe siècles… ça fait quand même beaucoup;
- ensuite elles montrent que l’on a perdu de vue le fait qu’un vêtement liturgique… est d’abord un vêtement: il doit « habiller » c’est à dire envelopper le corps en lui donnant une dimension spirituelle par le biais d’un certain symbolisme, et non se plaquer sur lui comme un simple élément décoratif.
Après je ne suis pas radicalement contre les chasubles de ce genre, notamment celles « à la romaine » qui peuvent être très belles. Mais les chasubles « boite à violon » françaises du XIXe siècle, d’ailleurs souvent trop petites et donc parfois à la limite du ridicule, sont omniprésentes dans les célébrations VOM. Ce qui donne une mauvaise (et fausse!) image de la liturgie traditionnelle.
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