Derrière cette question il y a la question sociale par Signo 2024-12-07 14:51:34 |
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L’embourgeoisement des milieux catholiques observants depuis l’effondrement de la pratique majoritaire des années 1960-1970 a provoqué une focalisation excessive sur les sujets de morale et de bioéthique au détriment des sujets sociaux.
Bizarrement il y avait du monde dans les rues contre le mariage « pour tous » mais bien peu de monde pour défendre le repos dominical, pourtant régulièrement attaqué depuis des décennies. Peu de soutien chez les catholiques de droite pour les gilets jaunes ou les agriculteurs. D’une manière générale les sujets sociaux sont peu ou rarement évoqués par les catholiques dits observants où l’on se retrouve souvent dans l’entre soi bourgeois. L’exigence de justice (et donc de justice sociale) est pourtant une exigence majeure de la tradition chrétienne et biblique depuis toujours. L’attention aux plus pauvres est aussi un fruit de la «Chrétienté ». Et il y a eut un catholicisme social qui n’était pas nécessairement progressiste (Ozanam, les catholiques sociaux souvent légitimistes de la fin du XIXe siècle, etc). La royauté jouissait à l’origine d’une vraie légitimité populaire par acclamation dont certains vestiges sont longtemps restés dans le rituel du sacre.
La liturgie traditionnelle est profondément une liturgie populaire, ce que l’on tend à oublier aujourd’hui et que l’afflux de convertis nous rappelle.
Cette prégnance bourgeoise dans les milieux « cathos » est telle qu’elle s’exprime de manière inconsciente: ainsi un apologète catholique (qui fournit un remarquable travail par ailleurs) qui expliquait sans rire aux dernières législatives qu’un catholique cohérent devait forcément voter pour l’union des droites.
Il suffit de voir les origines sociales des séminaristes (tradis comme CSM ou Emmanuel) pour s’apercevoir qu’il y a un « problème ».
Il faut espérer que l’afflux de convertis fasse éclater le vernis bourgeois et BCBG qui déforme gravement le visage des milieux catholiques aujourd’hui.
A partir du moment où gauche et droite on perdu une partie de leur sens originel je considère que l’on peut être catholique de gauche aujourd’hui (ce n’est pas mon cas), à condition évidemment de refuser certains virus idéologiques qui empoisonnent la gauche intellectuelle (wokisme, etc).
Il existe des initiatives récentes lancées par de jeunes chrétiens de gauche comme les bars associatifs « Simone » à Lyon et le « Dorothy » à Paris. Également certains mouvements comme « Lutte et contemplation ». On a le droit de ne pas être d’accord avec tout mais je pense qu’il faudrait leur tendre la main. L’une des principales menaces qui nous guette aujourd’hui est l’entre-soi et la polarisation de la vie politique (et ecclésiale) entre deux camps qui ne se parlent plus et ne se comprennent plus.
Il y a un immense besoin d’écoute mutuelle et de dialogue aujourd’hui, dont le synode aurait pu être l’occasion s’il n’avait pas été phagocyté et orienté dès le début sur des thématiques qui ne sont que des obsessions de boomers, ce qui a braqué certains et suscité l’indifférence pour beaucoup.
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