un vocabulaire "qui vole trop haut" face à un idiome si idiomatique par Luc Perrin 2023-06-30 22:02:00 |
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qu'il vous faudrait éditer un lexique ou comment parler le ChristianK.
D'autres ont déjà souligné le caractère abstrus de votre idiome Western, polnareffien (là j'ai du mal à voir le lien avec quoi que ce soit l'affiche m'est resté en mémoire les tenues quelques airs) ou cryptogamique.
Le "vocabulaire qui vole(rait) trop haut" a un mérite : d'être compris de presque tous depuis saint Pie X jusqu'à nos jours. Sur ce critère, c'est plus votre lexique qui vole disons ailleurs.
Attention : forger des concepts neufs, quand ils sont vraiment requis en raison de la spécificité de l'objet décrit, est absolument légitime. Vous avez le droit de créer votre lexique scientifique.
Mais est-il nécessaire ? Tout le monde, même le cardinal Roche, comprend la notion reçue de néo-liturgie, de liturgisme, de rubricisme/anti-rubricisme, de tendance antiquisante ... mais prendre un exemple localisé au Canada qui n'a guère ou pas débordé ailleurs pour remplacer les mots usuels, répandus et compris de tous ne me paraît pas pertinent ni utile pour se faire comprendre. D'autres vous l'ont notifié.
Pour le coup, les formes secondes et d'ordre plus tactique en somme que vous mettez en avant - l'hérésie cryptogamique disons le sous-modernisme de dissimulation, le jeu sur les mots inflation de "ministres" pour cacher "sacerdoce" etc. - formes que je ne conteste pas, me paraissent toujours des sous-produits de la méthode moderniste de Loisy. Les modernistes historiques pratiquaient abondamment l'art de la dissimulation, j'en ai donné un exemple dans une lettre de Loisy. Pie X l'avait observé.
Je le redis, je ne sous-estime pas l'intérêt des sous-produits qu'il convient de repérer.
Tel et tel rameau ou bourgeon (cryptogamique, Western) sur un arbuste a son intérêt mais il est d'abord essentiel de savoir où est le tronc, les racines, de connaître le nom de la plante et son espèce (modernisme). Je crois que dit ainsi cela ne vole pas trop haut. Enfin j'espère.
En dehors du modernisme, historique et ses prolongements depuis Loisy, l'autre "arbuste" - c'est véritablement une autre plante - est le blondélisme dont les néo-jésuites ont été, avec d'autres, les colporteurs depuis le début du XXe. Blondel était anti-moderniste sans aucun doute mais anti-thomiste tout autant. La théologie des "signes des temps", abondamment utilisée dès les années 1930-1940, bien repérable dans des textes de Vatican II est l'autre pilier majeur comme Cholvy et Fouilloux l'ont démontré.Le christianisme anonyme de Karl Rahner en découle.
Vatican II est, à mon point de vue, peu marqué par le modernisme, un peu plus nettement par le catholicisme libéral du XIXe (pour le rapport à l'État) mais il a baigné dans une mixture faite de néo-thomisme en déclin et de blondélisme ascendant. L'après Vatican II voit une remontée au grand jour du modernisme/néo-modernisme qui s'élargit à des domaines (moeurs, liturgie...) qui auraient sans doute épouvanté Alfred Loisy : la méthode moderniste est utilisée à plein régime, comme la méthode d'immanence blondéliste elle aussi largement utilisée. La première a nettement la cote à Rome depuis 2013, la seconde a été plus en vogue de Paul VI à Jean Paul II, Benoît XVI étant plus en retrait sur ce point. De 1975 à 2013, les rappels vis-à-vis de dérives modernistes ont été fréquents dans le Magistère (ex. Fides et Ratio) et le clergé/l'épiscopat a souvent évacué cela au moyen de la tactique cryptogamique pour user de votre terme.
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