Le modernisme nie bien plus que l'enfer mon cher ChristianK par Luc Perrin 2023-06-30 09:37:39 |
|
Imprimer |
C'est l'ensemble de la Révélation qui devient "contextuelle" donc périssable.
Comme vous l'a dit Johannis, vous vous polarisez sur un point ou un autre mais ce qui est important, comme l'avait très bien vu saint Pie X, c'est la méthode moderniste.
J'ai une perceuse universelle, je peux m'en servir pour tout matériau en changeant la mèche, pour prendre une image.
Le modernisme est un outil intellectuel qui permet de démonter tout élément de doctrine à votre guise :
- le péché originel, une notion philosophique d'une époque qui n'est plus la nôtre
- la transsubstantiation un terme lié à une approche philosophique périmée
- le mariage pareil et la recomposition des relations de couple et polygame et le "genre" évolutif de même ...
Ce qui fait le modernisme n'est pas tant les recherches savantes de l'exégète très studieux et érudit Alfred Loisy : nombre de ses observations purement exégétiques sont aujourd'hui admises par les spécialistes de sciences bibliques.
Ce qui constitue le "modernisme" ou "loisysme", ce sont les principes théologiques/doctrinaux qu'il en a tirés. C'est cela que vise Pascendi Domini gregis.
Loisy disait et cela résume bien l'outil à détruire qu'est le modernisme : "le prochain dogme, ce sera le dernier, sera celui de l'évolution du dogme".
Le cardinal Kasper en 2014 à l'occasion du premier Synode de démolition avait déclaré que la doctrine catholique de Pie XI à Jean Paul II sur le mariage, la sexualité etc. était celle bonne pour le XXe siècle mais en 2014, nous étions au XXIe siècle : autre siècle, autre doctrine.
Nous sommes dans une herméneutique de rupture constante : ad libitum. Entièrement conforme à l'approche du libéralisme qui est "anomique" comme disait Poulat. Liée à l'opinion publique du moment, elle évolue sans cesse.
Ce que vous appelez "l'hérésie crytptogamique", je n'avais jamais lu ce terme et mes collègues théologiens ne l'emploient pas, est une sorte de sous-modernisme, une forme de modernisme par omission qui ne déploie pas son drapeau. Je fais silence sur des vérités que je désapprouve mais n'ose pas contredire publiquement. Le "tout pastoral" est du même ordre : le pape François, rappelez-vous, a sans cesse dans les premiers mois de son ministère écarté le souci de doctrine, la doctrine n'a pas d'importance, seule compte la "pastorale". Ce sont des stratégies de contournement, une approche oblique sans lien avec notre ami du FC.
Un petit cadeau moderniste :
"Nous ne sommes pas obligés, encore une fois, de connaître le dernier mot des choses puisque nous en sommes incapables : mais nous pouvons venir en aide, si peu que ce soit, à la pauvre humanité. Dieu est amour dit l'Écriture, et donc l'amour, le dévouement à l'humanité est Dieu même ou la religion."
C'est signé pape François ? Non Alfred Loisy dans une lettre à Raymond Boyer de Sainte-Suzanne citée par Émile Goichot, Alfred Loisy et ses amis, Cerf, 2002, p. 162.
Au même qui se demandait s'il devait quitter l'Église catholique pas encore "synodale", Loisy conseille :
"Cela ne signifie pas que nous devions faire devant tous et en toute occasion l'entière profession de notre foi intérieure. Cela signifie encore moins que nous ayons le droit de renier cette foi par nos actes. Mais il y a un juste milieu entre ces deux extrêmes." ibidem.
Vous voyez l'origine de l'hérésie cryptogamique est dans une lettre de Loisy à son jeune "dirigé" Boyer de Sainte-Suzanne.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|