Tout dépend de l'esprit dans lequel on entend reconstruire. par Scrutator Sapientiæ 2021-05-16 08:30:52 |
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Bonjour et merci, Diafoirus.
D'une part, il me semble qu'il y a pire que la doctrine sociale de l'Eglise, notamment de Léon XIII à Pie XII, en ce sens qu'il y a pire qu'une doctrine sociale partisane et promotrice du bien commun, de la loi naturelle, de la personne humaine et des vertus cardinales ou naturelles, et en ce sens qu'il y a pire qu'une doctrine sociale propice à des positions critiques contre telle conception dominante de l'intérêt général, des droits de l'homme, de l'individu contemporain et des valeurs postmodernes ou sociétales.
D'autre part, et puisqu'il est question de reconstruire, il me semble également que tout dépend de l'esprit dans lequel on entend reconstruire : si l'on entend reconstruire dans un esprit de vigilance et de résistance, notamment
- face à telle conception erronée de l'écologie et de la fraternité,
- face à la conception de l'économie, de l'éducation, de l'émancipation et de l'unification qui est prescrite par le mondialisme progressiste,
- face à l'homosexualisme et face à l'immigrationnisme,
et
- face au multiculturalisme, en tant que religion politique,
c'est vraiment très bien ainsi, mais si l'on entend reconstruire dans un esprit de conciliation avec ces conceptions, je ne vois pas en quoi il est catholique, légitime et nécessaire de reconstruire.
Troisièmement, mais ce troisièmement découle amplement de ce qui précède, je rappelle ici quel est le problème de fond que comporte la doctrine sociale de l'Eglise, depuis Gaudium et spes : il arrive que la DSE, telle qu'elle est conçue ou, en tout cas, telle qu'elle est souvent reçue, depuis le Concile en général, et depuis Gaudium et spes en particulier, soit propice à une immanentisation et à une sécularisation du regard et du discours des catholiques sur la culture, sur l'économie et la société, et sur la politique.
Or, reconstruire, c'est faire connaître, faire comprendre, faire aimer, faire prendre en compte et faire mettre en oeuvre la doctrine sociale de l'Eglise, MAIS C'EST AUSSI remédier à cette immanentisation et à cette sécularisation du regard et du discours.
Quatrièmement, je me pose la question de savoir si cette reconstruction, aussi légitime et nécessaire soit-elle, constitue aujourd'hui la "priorité des priorités", dans la mesure où, encore plus depuis l'année 2012-2013 que depuis l'année 1962-1963, nous sommes en présence de clercs officiellement catholiques qui ne savent plus où ils habitent, avant tout dans le domaine de la doctrine de la foi, et non avant tout dans celui de la doctrine sociale.
Il me semble en effet que ce qu'il convient de construire, ou de reconstruire, au sein même de l'Eglise catholique, c'est une interrogation, elle-aussi légitime et nécessaire, sur les fondements, le contenu et les débouchés de l'esprit du Concile, de l'esprit d'Assise, de l'esprit d'Abou Dhabi et de l'esprit d'Amazonie.
Ce qui figure dans le paragraphe qui précède est écrit parce que chacun de ces esprits est porteur de conséquences non négligeables, non seulement ad extra, mais aussi ad intra, dans le domaine de la connaissance, de la compréhension, de la préservation, de la propagation, de la réception et de la transmission de la foi catholique, dans un contexte de coexistence avec les confessions chrétiennes non catholiques et avec les religions non chrétiennes.
Dans ce domaine au moins autant que dans d'autres, il est urgent et vital de "reconstruire", et de reconstruire en direction de l'intérieur du clergé catholique diocésain, voire, on peut rêver, depuis l'intérieur de ce clergé catholique diocésain...
Bon dimanche.
Scrutator.
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