Sur la résurrection et la gloire de Saint Joseph par Chicoutimi 2021-03-20 05:21:56 |
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Toujours dans son livre Saint Joseph, époux de Marie, Père Nourricier de Jésus, patron de l'Église d'après l'Écriture Sainte et la Tradition (1895), le père Victor Mercier, S.J. fait un bon résumé de la croyance en la résurrection corporelle de saint Joseph:
Résurrection et gloire de saint Joseph
''Nous avons vu les circonstances qui accompagnèrent la précieuse mort de saint Joseph ; il nous reste à parler des circonstances qui la suivirent, de sa résurrection et de son entrée dans la gloire. Le séjour de son âme dans les limbes et de son corps dans le tombeau ne devait pas être de longue durée. Jésus, vainqueur de la mort, voulait, au jour de son Ascension, monter au ciel avec une escorte d'élus, prémices et témoins de sa victoire. Quand le divin Sauveur eut rendu le dernier soupir, le voile du temple se déchira en deux parties, la terre trembla, les pierres se fendirent, les tombeaux s'ouvrirent, et les corps de plusieurs saints qui s'y reposaient ressuscitèrent, et quittant leurs tombeaux après sa résurrection, ils vinrent dans la cité sainte et apparurent à plusieurs.
1° De quelle manière et dans quel sens eurent lieu ces résurrections merveilleuses ? D'après l'opinion la plus commune et la plus autorisée des interprètes du texte sacré, il ne s'agit pas d'une simple apparition, ni d'une résurrection momentanée, mais d'une résurrection définitive, anticipation de celle de tous les hommes à la fin du monde. Les saints Pères et les saints docteurs vont plus loin: ils affirment que ces morts arrachés au tombeau entrèrent avec Jésus-Christ dans la vie immortelle.
«Il est certain que des morts ont été ressuscités par la puissance divine pour redevenir la proie du tombeau, comme Lazare. Mais quant aux bienheureux dont l'apparition signala le triomphe du Sauveur, ils n'avaient été arrachés à la mort que pour manifester sa glorieuse résurrection, et désormais ils ne devaient plus mourir. En présence du Christ ressuscité pour l'éternité, leur retour à la vie n'aurait été qu'un bienfait lamentable, s'ils avaient dû connaître encore les horreurs de la tombe (cf. S. Thomas)... Pour être les témoins irrécusables de la véritable résurrection du Sauveur, il convenait que, délivrés de la mort, ils pussent accompagner Jésus corporellement dans son ascension vers la patrie céleste. C'était moins pour leur gloire qu'ils étaient ressuscités, que pour être un témoignage vivant de la foi du Testament nouveau.»
Aux raisons alléguées par le Docteur angélique, nous ajouterons qu'il convenait que le Christ, sortant en corps et en âme du tombeau, eût pour témoins de sa résurrection des compagnons de gloire semblables à lui. S'il était seul sorti du tombeau, on aurait cru peut-être ne voir en lui qu'un fantôme. La résurrection de plusieurs prouvait aux yeux des plus obstinés que celui dont la puissance avait brisé pour les autres les liens de la mort, pouvait bien pour lui-même en être le vainqueur. Il avait voulu mourir seul pour le salut des hommes, mais, ô grandeur de la charité divine, il ne voulut pas triompher seul de la mort.
Quels furent les saints de l'Ancien Testament qui eurent ainsi l'honneur de participer à la résurrection du Sauveur ? Il est vraisemblable que plusieurs avaient appartenu à la génération contemporaine, puisque nous les voyons se faire reconnaître d'un grand nombre. D'après saint Thomas, Dieu aurait aussi choisi pour ce grand prodige les patriarches de l'ancienne loi. La piété chrétienne, appuyée sur le sentiment des docteurs catholiques, met au premier rang de ces heureux ressuscités le glorieux saint Joseph (cf. S. Bernardin).
2° «Nous lisons, dit Gerson, qu'à la mort du Sauveur un grand nombre de saints ressuscitèrent et apparurent à plusieurs dans la ville de Jérusalem. Je vous le demande, âme chrétienne, comment n'aurait-il pas été donné au juste Joseph de triompher de la mort avec ces bienheureux, d'apparaître à Marie son épouse bien-aimée, de lui apporter des consolations, et, avec le Christ s'élevant vers les cieux, de monter lui-même dans ce séjour de la gloire, pour s'asseoir à la droite de Jésus et y jouir de ses dons les plus parfaits?»
S'il est du devoir d'un fils d'honorer son père jusque dans la tombe, Jésus, fils adoptif de Joseph, qui avait entouré pendant sa vie ce père vénéré de plus d'affection que ne le pourrait faire un fils selon la nature, aurait-il lạissé son corps dans la poussière, quand il ressuscitait les corps des saints patriarches? Non, répond saint Bernard, celui qui avait ordonné aux hommes d'honorer les auteurs de leurs jours, ne pouvait pas laisser sans honneur la chair immaculée de sa divine Mère; de même il devait élever au-dessus de toutes ses créatures, celui qu'il avait honoré de ses respects et de son amour pendant sa vie mortelle. Les consolations dont il remplit, dès sa résurrection, l'âme de Marie qui avait souffert tous les tourments de sa mort, il les devait aussi au père qui l'avait protégé et nourri dès sa naissance.
Saint Bernardin de Sienne, prêchant un jour au peuple de Padoue, s'écria : «Je vous assure, mes frères, que saint Joseph est en corps et en âme dans le ciel, tout éclatant de gloire; car on ne peut douter que Jésus, fils très pieux, n'ait accordé à son père adoptif le même privilège qu'à sa sainte Mère.» L'histoire rapporte que, pour confirmation de cette vérité, il parut miraculeusement sur la tête du prédicateur une croix d'or qui fut vue par tout l'auditoire. Saint Vincent Ferrier prêchait aussi sur les places publiques que saint Joseph était au ciel en corps et en âme, et le Seigneur se plaisait à confirmer par des apparitions miraculeuses la vérité de ses paroles.
Cette tradition, du reste, est confirmée par les événements qui suivirent la résurrection de Notre-Seigneur. Nulle part dans l'Évangile il n'est dit que Jésus apparut à la Vierge sa mère. Cependant celui qui douterait sur ce point de la croyance de l'Église, ne mériterait-il pas le reproche que le Sauveur adressait un jour à ses apôtres : Êtes-vous encore sans intelligence? «Marie, la première, fut témoin de la résurrection et y donna sa foi (cf. S. Ambroise).» De même, malgré le silence des saints Livres sur le bienheureux Joseph, nous devons croire pieusement que le premier parmi les morts il sortit du tombeau, parce qu'il convenait à un fils comme Jésus d’honorer un tel père. Dieu, sans doute, a voulu voiler ce mystère d'amour, afin de verser de plus abondantes consolations dans l'âme de ceux qui se livreraient à sa recherche.
Oui, croyons de tout cour que saint Joseph ressuscita en corps et en âme avec le Christ, et qu'avec le même Christ montant au ciel, il fut élevé en corps et en âme pour être assis dans la gloire à la droite du Fils de Dieu et de la Vierge Marie. « Joseph, s'écrie Gerson, a été élevé à la droite de Jésus, c'est-à-dire a été mis en possession de la plénitude de ses biens infinis.» «Et il me semble, ajoute saint François de Sales, que nul ne peut douter de cette vérité.»
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