Nous avons tous mérité la peine de mort par Vox clamantis 2021-01-22 23:27:21 |
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En effet, nous avons tous du sang sur les mains, et quel sang ! Celui de l'innocent par excellence, le Christ.
J'ajoute plusieurs autres remarques :
- le principal argument contre la peine de mort réside dans la légitime défense de la société, Jean-Paul Parfu allant même jusqu'à dire que renoncer à la peine de mort conduit la mort de milliers d'innocents. J'aimerais bien qu'il dise sur quoi il s'appuie, car en France en tous cas, le nombre d'homicides s'est effondré depuis les années 1980.
C'était le seul motif que recevait l'ancien catéchisme de l'Eglise catholique, promulgué par constitution apostolique, en précisant déjà que le cas était fort rare.
D'autre part, certains ici indiquent deux arguments supplémentaires en faveur de la peine de mort : la proximité de la mort permettrait des conversions, d'une part, et la mort des criminels serait une satisfaction pour leurs fautes.
Le second argument me semble très fragile et dépendre du premier : la mort des criminels ne peut être une satisfaction pour leur faute que si elle est librement acceptée. Cette satisfaction n'existe donc que s'il y a conversion auparavant.
Or, même si nous connaissons des cas ponctuels de condamnés à morts convertis (Pranzini, Jacques Fesch...), il me semble très difficile d'arguer que la proximité de la mort favoriserait la conversion, sauf exception ou grâce particulière. Toute la tradition catholique présente habituellement la mort comme un moment de tentations particulièrement violentes, d'où l'importance des prières pour les agonisants ; parmi ces tentations, une au moins est particulièrement susceptible d'atteindre les condamnés à mort : le désespoir. En ce sens, il est certain que la peine de mort impose la contemplation des fins dernières, mais il serait présomptueux de considérer que cette contemplation tendrait plus à la conversion des condamnés qu'à leur damnation des suites du désespoir. Les grands prédicateurs de retraites disent que ce n'est d'ailleurs pas, le plus souvent, la méditation des fins dernières qui produit la conversion, mais le plus souvent la méditation sur l'amour de Dieu qui la suit (voir par exemple Dom Chautard dans L'âme de tout apostolat, si ma mémoire est bonne).
De ce fait, la peine de mort produit des conversions, mais on peut être moralement certain qu'elle a également scellé le sort de malheureux qui auraient pu être sauvés par ailleurs. L'espoir de la conversion n'est donc pas un argument très probant pour la peine de mort, et tombe avec lui celui de la satisfaction : un désespéré qui va en enfer ne fait satisfaction de rien du tout.
C'est à mon sens pourquoi le seul motif retenu par l'ancienne version du CEC était la légitime défense de la société face à un criminel particulièrement dangereux. Dans les sociétés contemporaines, la mise en place d'une perpétuité réelle me semble plus propre à résoudre ce problème que la peine de mort, qui vient toucher à une chose sur laquelle Dieu seul a des droits : la vie ou la mort d'un homme.
J'ajoute une dernière chose : on ne peut pas considérer le catéchisme de l'église catholique comme la seule opinion privée de l'évêque de Rome comme théologien privé.
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