Le problème, c'est peut-être la papauté elle-même par Pétrarque 2020-01-13 09:01:27 |
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Vous dites fort justement que "le "statut" incroyable de pape émérite [est] problématique pour l'Eglise. Pour moi, un pape qui renonce doit tout simplement réintégrer le collège des cardinaux. Ainsi s'il prend des positions publiques, ce sont celles d'un cardinal, un point c'est tout. "
Je pense comme vous.
Pourquoi est-ce si problématique ? Parce que ce statut de "pape émérite" vient complètement à rebours de ce qu'était devenue la fonction pontificale depuis des siècles.
On ne peut pas avoir deux papes. Or, la prise de position de Benoît XVI montre que c'est bien le cas. Psychologiquement et pratiquement, il y a bien deux papes.
L'abdication n'est pas, dans une monarchie, quelque chose de normal. C'est une contradiction de ce qu'est en substance toute monarchie : un système qui repose sur la vie -et sur le règne qui s'y inscrit en théorie jusqu'à son terme- d'un homme (ou d'une femme).
Cela vaut aussi et surtout pour l'Eglise.
Le Christ n'a pas renoncé. Il n'y a pas de "Christ émérite".
L'évolution de l'Eglise, au plan temporel comme au plan spirituel, en système monarchique (primauté pétrinienne au plan de la foi, centralisme de gouvernement au plan temporel), impliquait donc -assez justement à mon sens- que chaque pape restât en place jusqu'à sa mort, aussi difficile l'exercice de ce service fut-il (on parle surtout de la fin du règne de Jean-Paul II, mais il y aurait d'autres exemples).
L'immense majorité des fidèles catholiques s'est trouvée, lorsque Benoît XVI a renoncé, dans une situation de sidération, d'incrédulité, de stupeur, tant cette abdication allait à l'encontre de ce qu'était devenue la fonction pontificale depuis des siècles.
Cela est presque apparu comme contre nature.
Dès lors, maintenant, quel avenir pour la papauté ?
Seul Dieu connaît l'avenir et ce qui suit n'engage que moi.
Mais je pense personnellement que cette renonciation, aggravée ensuite par la période Bergoglio, a définitivement sonné le glas de la papauté telle que nous la connaissions.
Il n'y aura plus, je le crois, je le crains, de pape au sens traditionnel du terme. L'occupant actuel du Siège apostolique a liquidé la papauté.
Sur fond d'une post-modernité de plus en plus coupée et de plus en plus hostile à l'égard des valeurs spirituelles en général et chrétiennes en particulier, sur fond d'un déchaînement de haine qui va aller croissant contre l'Eglise et les chrétiens, nous allons, je le crois sincèrement, vers des schismes, vers des accidents de dissolution, de dispersion du catholicisme en îlots séparés, éclatés, hostiles même, à une atomisation, à une vaporisation de l'Eglise en communautés parfois quasi cellulaires, où la foi subsistera, tandis que, dans d'autres, l'hérésie triomphera. C'est d'ailleurs déjà le cas dans certains pays.
A cette atomisation correspondra une division des prêtres, des évêques et des cardinaux, qui s'opposeront en prétendant tous demeurer fidèles. Là encore, cela commence.
Nous avons déjà de tout cela des symptômes multiples, et depuis des années.
Au somment de la hiérarchie ecclésiale, je ne vois pas comment quelqu'un pourrait rétablir une situation que le pontificat Bergoglio a définitivement pourrie. Le corps cardinalice actuel, dans son ensemble, ne peut représenter un espoir, loi du nombre oblige.
Nous aurons donc vraisemblablement, soit plusieurs papes opposés, soit plus de papes du tout, et, plus probablement, un "gouvernement" par groupes de pression de cardinaux, par "lobbies", tantôt plutôt "conservateurs", tantôt ouvertement modernistes.
Je ne vois pas pourquoi ce qui s'est déjà produit dans l'histoire de l'Eglise ne se reproduirait pas aujourd'hui. A certains égards, nous savons tous que la situation est incroyablement pire aujourd'hui qu'elle ne le fut aux pires moments du Moyen Âge, en particulier au plan de la Foi.
En tout cas, espérer un retour à l'ordre et une restauration de la papauté telle qu'elle était auparavant m'apparaît comme parfaitement vain et, pour être honnête, comme complètement puéril.
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