Sauf que Mgr Lefebvre... par Signo 2019-09-30 19:42:16 |
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...lui non plus jusqu'à l'extrême fin des années 1960 ne trouvait rien à redire au Concile.
Au début du Concile (ou juste avant), il a tenu des propos qui reflètent sur la question de la liturgie une position très proche, voire quasiment identique, que celle adoptée par Sacrosanctum Concilium.
Par ailleurs il a signé la plupart des textes conciliaires, alors qu'il avait le choix de ne pas le faire.
Toutes les sources historiques fiables que nous avons montrent que Mgr Lefebvre était, avant et pendant le Concile, un «réformateur pacellien très prudent» (cf. le reportage "un évêque dans la tempête"), assez favorable au Concile qu'il estimait nécessaire, et certainement pas un intégriste de toujours opposé à tout changement. Ce n'est que bien plus tard (surtout à partir des années 1970) que, en voyant l'étendue de l'effondrement liturgique, spirituel et doctrinal de l'Eglise, aggravé par une succession de maladresses des autorités romaines, qu'il en est venu à mettre la situation sur le dos d'un Concile qu'il avait approuvé dans ses grandes lignes (et signé!) quelques années plus tôt, malgré une hostilité déjà marquée sur certaines formulations.
Aujourd'hui par le prisme de ce qui s'est passé ensuite, on a tendance à exagérer les différences entre Mgr Lefebvre et les prélats de son temps. Par exemple, avec Mgr Garrone: même culture, même piété traditionnelle, etc.
Par ailleurs vous affirmez que les évêques, une fois rentrés de Rome dans leurs diocèses, se sont mis à mettre en application les enseignements du Concile. C'est faux.
Le Concile demande que le chant grégorien soit mis à la première place; dans les diocèses, on l'a supprimé, et interdit. Les choeurs grégoriens ont été partout supprimés.
Le Concile demande à ce que la révision des rites et les changements en matière liturgique s'effectuent selon un modèle organique; partout, c'est deux mille ans de tradition liturgique que l'on a radicalement supprimé, pour la remplacer par des néo-liturgies qui n'ont plus rien à voir ni avec la tradition du rite romain, ni avec les principes enseignés par Sacrosanctum Concilium, ni même avec les normes du missel de 1969 (qui est très imparfait, mais c'est un autre débat).
Le Concile demande avec insistance et à plusieurs reprises le maintien du latin; le latin a partout été abandonné puis proscrit.
Le Concile demande le port de l'habit par les ecclésiastiques; dans les diocèses, les prêtres ont massivement abandonné la soutane pour la tenue civile.
Le Concile demandait que la pensée de Saint Thomas d'Aquin soit mise à l'honneur dans les universités et les séminaires; partout, le thomisme a été abandonné.
Le Concile entendait remettre à l'honneur la théologie des Pères de l'Eglise; presque partout, la patristique a été remisée au placard.
Le Concile enseigne sans aucune ambiguïté que la religion catholique est la seule vraie religion et que tout homme a le devoir de chercher la vérité, et de s'y soumettre; partout, on a enseigné le relativisme et le syncrétisme.
Et ainsi de suite, je pourrais continuer cette liste sur des pages et des pages... Et pour chacun de ces points, je pourrais vous citer très précisément des passages des différents textes conciliaires qui prouvent sans aucune ambiguïté ce que je dis..
Par ailleurs, nous avons de multiples témoignages sur cette époque qui rappellent que le "grand foutoir" liturgique, doctrinal et pastoral, non seulement s'oppose en tous points aux enseignements réels du Concile, mais même a commencé avant même que le Concile ne débute sur bien des points (messe face au peuple, abandon du latin, abandon de la soutane, etc).
En revanche, ceux qui accusent le Concile sont incapables de justifier leur position. Ils ne citent jamais les textes réels du Concile, mais uniquement des "on dit", des idées reçues, dont certaines brillent par leur grossièreté. Quand ils le citent, ils sortent des phrases de leur contexte textuel et vont même parfois jusqu'à mentir effrontément (comme l'a fait l'abbé Schmidberger, dans une critique de SC d'une faiblesse argumentative consternante)en "collant" artificiellement sur telle ou telle phrase une interprétation biaisée, alors même que le texte pris dans sa globalité et la plénitude de son sens affirme parfois explicitement le contraire.
Il n'y a autour de ce Concile, aucune malédiction. Le Concile est arrivé à l'époque où il avait toutes les chances de ne pas être reçu et compris: le climat de mai 1968, avec les multiples ruptures et remises en cause qu'il suppose, dans tous les domaines. Le "Concile des médias", le "concile-événement" a occulté le Concile réel, celui de la lettre et de l'esprit véritables. Non, le Concile Vatican II n'a jamais été appliqué. Le Concile Vatican II est le plus gigantesque malentendu de toute l'histoire de l'Eglise.
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