Le "génie romain" par Jean-Paul PARFU 2019-01-06 09:28:50 |
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Je crois que si les Grecs étaient des philosophes et des scientifiques, les Romains avaient, eux, le génie du droit, de l'autorité, de l'organisation, de la chose publique, de l'armée …
Mais leur société était dure, étouffante et finalement quelque peu stérile.
L'Eglise d'Occident a, en partie, hérité de la Rome antique, mais en partie seulement. C'est la Providence qui l'a voulu ainsi. J'en suis convaincu.
Sur le point soulevé par vous, j'avoue que je ne suis pas assez savant pour pouvoir m'exprimer sur le sujet. Vous avez certainement raison, au moins en partie.
A priori, j'aurais tendance à comprendre les paroles prêtées à Mozart dans le film "Amadeus" de Milos Forman qui critique la culture classique italianisante alors à la mode dans son milieu et qui répond à l'empereur Joseph II (frère de Marie-Antoinette) : "On nous chie du marbre !"
Il est amusant et pathétique de voir qu'en France, on s'imagine que les institutions, les colonnes, les académies et les vieillards déguisés en pingouins vert de l'Académie française vont nous défendre ou défendre la langue française. Il y a une forme de superstition et de croyance magique derrière tout cela, comme si les colonnes allaient pouvoir nous protéger du flux et des flots de la vie.
Mais voici ce qu'écrit Edwin O. Reischauer, Ambassadeur des Etats-Unis au Japon de 1961 à 1966, dans son "Histoire du Japon et des Japonais" :
"Au Japon comme en Europe, la féodalité naquit de la conservation de trois éléments : les anciens principes de centralisation impériale, les vieilles traditions primitives d'organisation semi-tribales et les réseaux de fidélités personnelles.
En Europe, les deux premières composantes du mélange furent la centralisation romaine et l'organisation tribale germanique ; au Japon, ce furent les institutions empruntées à la Chine des T'ang et l'organisation sociale primitive fondée sur les uji. L'histoire comparée montre que ces deux éléments ne se rencontrent nulle part ailleurs.
Et il ajoute ceci : "Le tournant que le Japon a su prendre au XIXème siècle resterait incompréhensible si l'on décidait d'ignorer la période Tokugawa, elle-même étroitement liée à la période féodale antérieure. Il est significatif de constater que l'Europe occidentale n'a opéré sa grande mutation technologique, institutionnelle et idéologique que le jour où elle s'est dégagée d'une expérience féodale similaire. Entre l'évolution du Japon et celle de l'Europe, existe un parallèlisme qui n'est sans doute pas fortuit. Ce sont les deux seules régions du monde à avoir connu une véritable société féodale ; ce sont aussi celles qui ont été les premières à entrer dans le cycle de la croissance économique. L'existence d'une pareille concomitance incline à penser qu'une expérience féodale constitue peut-être le meilleur prélude au développement des forces de modernisation d'un pays".
Pour finir, d'abord le livre de Régine Pernoud évoqué par moi est en fait : "Lumière du Moyen-Âge" et il est ensuite remarquable que l'Angleterre, si elle n'a pas connu l'Europe de Charlemagne, ce qui fait, peut-être, qu'elle n'a pas trop la fibre carolingienne et européenne, a bien connu, en revanche, l'occupation romaine et une véritable société féodale après la conquête normande.
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