merci M. l'abbé par JVJ 2018-11-16 17:27:28 |
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Je ne jette pas la pierre sur des curés comme vous, ni sur d'autres variantes...
Six clochers, ce n'est rien !
A moins qu'ils ne totalisent des dizaines de milliers d'habitants !
Je vais relire à tête reposée votre message.
Et si on reprochait un jour de discriminer aux enterrements ?!!
Dans mon diocèse natal, pendant trente ans, interdiction totale des messes aux enterrements et aux mariages, sauf pour un curé courageux qui tenait bon. Le nouvel évêque a libéralisé, mais les mauvaises habitudes ont été prises.
L'Eglise ne peut-elle calmer tout ce monde en exigeant que la messe, cela soit son affaire ? Ca va grincer, eh bien tant pis.
J'ai le souvenir de chansons rouges pour des syndicalistes (tant mieux s'ils demandent l'Eglise...), mais dans la même paroisse, interdiction de chanter le Magnificat en latin !
On organise des concerts pour pseudo-intellos amateurs de musique sacrée, mais les mêmes interdisent toute musique sacrée antérieure aux années 70 dans les églises.
Si je devais mourir, je suis obligé de demander à l'évêque qu'il me garantisse l'arrivée d'un prêtre d'un autre diocèse (cela aurait été impensable sous ses deux prédécesseurs).
Les laïcs impliqués qui ont fait main basse sur les paroisses oseront faire pression sur le curé voire l'évêque, pour dire que cette messe est une provocation (j'ai vécu cela pour mon grand-père, mort en pensant qu'il aurait une messe, chrétien paysan tout simple et bien dévoué : il ne l'a pas eue, malgré la présence de deux prêtres). J'ai fait l'introduction de la célébration de la Parole, et je fus clair et net du haut de mes trente ans, avec le nihil obstat de ma grand-mère.
Les diacres peuvent aider les prêtres, admettons, mais des diocèses ""forment"" des batteries de laïcs (dont papa) qui n'y connaissent rien. Mais les gens disent "oh la belle messe ! qu'est-ce que ton père fait ça bien !!".
Chapeau.
Pendant ce temps, le jeune curé refuse par principe pastoral de faire tout enterrement, sauf les cas délicats et les enfants.
J'entends les argumentaires bien huilés : l'enterrement n'est pas un sacrement. Mon denier du culte, non plus. La profession de foi, non plus. La parole du pape, non plus.
Le changement est considérable. Le Professeur Guillaume Cuchet a écrit des choses importantes sur la nouvelle mort vendue par les Catholiques en France. G. Cuchet n'est pas un charlot, mais l'un des meilleurs historiens de l'Eglise contemporaine (et française)... après Luc Perrin.
Il a écrit un bel article sur les dernières paroles de votre confrère tué par des islam***, paru dans les Etudes (je parie que les Jésuites ne l'ont pas lu, car il y a en filigrane des critiques blindées contre les théologiens du dimanche qui nient l'existence du Diable).
Quand les familles habitent à des centaines de km du défunt, elles ne refont pas le trajet pour une messe où le nom du défunt est noyé dans la masse, et où l'on ne sait plus pour qui la messe est VRAIMENT dite.
Est-il moralement correct qu'un prêtre, et a fortiori un évêque, refuse de dire une messe à une famille, non pas meilleure que les autres, mais qui pratique (du moins le défunt, l'épouse, partie de la famille et au bas mot deux cents personnes dans l'assemblée) ?
Du point de vue pastoral, c'est lamentable.
Mais le diocèse auquel je pense, a perdu tout repère de ce point de vue. Et la pente est, à vue humaine, impossible à remonter. Le mal est fait.
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