Ce qui est impossible: la purification de l'âme ne peut intervenir qu'avant la mort, laquelle scelle définitivement le sort de l’âme humaine. Ainsi, lorsqu’on dit que le martyre purifie du péché originel et des péchés personnels celui qui n’est pas encore baptisé, on entend que cette purification intervient par l’acte de charité parfaite et héroïque qu’émet celui qui accepte le martyre pour affirmer sa foi catholique.
La saints Innocents sont-ils dès lors considérés comme des martyrs par la tradition de l'Eglise ? Quel acte de charité ont-ils pu accomplir pour être sanctifiés puisqu'ils étaient innocentes ?
Comme je l'ai évoqué dans mon précédent post, la tradition de l'Eglise parle du martyre des Saints Innocents dans un sens un peu analogique : celui où ils ont versé leur sang pour le Christ. Toutes les prérogatives du martyre au sens ordinaire ne peuvent leur être appliquées, vu que c'est un cas particulier, faisant appel à une grâce spéciale de Dieu. Ce martyre n'est pas nécessairement un acte libre de leur volonté. Toutefois, s'ils sont en état de grâce (de charité, d'union à Dieu), ils versent leur sang pour Dieu dans cet état de charité. Par ailleurs, le martyre ne remet pas
nécessairement de péché, si la personne n'en a pas au moment où il est reçu. N'oublions pas que le martyre est aussi considéré en lui-même comme
une grâce !
Ce qui obligerait Dieu à une infinité de miracles, chacun semblable à cette « illumination finale » qui serait donnée à tous pour permettre une ultime option entre le ciel et l’enfer.
Est-ce si "embêtant" théologiquement ? Est-ce un plus grand miracle que la création d'une âme spirituelle qui intervient à chaque conception ? Le miracle par excellence n'est-il pas que la mort du Christ a ouvert les portes du ciel, potentiellement pour tous les hommes, la rencontre de chaque âme avec l'opportunité du salut n'étant que la suite logique du dessein divin ?
Le miracle par excellence est la Résurrection, avec les effets qui en découlent. Ce qui est embêtant est que Dieu ait fixé de toute éternité (dans son infinie Sagesse, en toute Liberté, et pleine Connaissance) des lois dont Il s'affranchirait de manière ordinaire.
En effet, de manière générale, Dieu aurait pu établir dans la nature d'autres lois s'il avait voulu : aussi, s'il a établi celles que nous connaissons et qu'il a fait, c'est parce qu'elles sont bonnes et belles. ... et donc faire le contraire habituellement ne peut être aussi bon et beau. On introduit ainsi une contradiction en Dieu lui-même, et on finit par détruire la notion même de miracle.
Je prends un exemple loin de notre sujet pour mieux comprendre : Si Dieu fixe que la pesanteur ordinaire fait que l'on s'enfonce dans la mer en marchant dessus, c'est un miracle qu'il marche sur les eaux (et saint Pierre aussi) Mais si en même temps, il y a cette loin et si en même temps Dieu fait marcher des milliers de gens à toutes les époques sur les eaux... on ne comprend plus bien où est la loi, où est la nature, ni où est le miracle... Des miracles spécifiques à ces cas concrets et précis sont de l'ordre de la volonté de Dieu qui déroge aux lois qu'il a lui-même fixées pour un bien supérieur, mais "trop" (au sens de miracles automatiques et "ordinaires") tue le miracle lui-même et s'oppose à la Sagesse de Dieu, qui ne fait rien d'insensé.
Par ailleurs, la thèse de "l'illumination finale" est tout à fait étrangère aux écriture et dangereuse pour la foi, comme cela a été montré dans la récente thèse du P. Pius Noonan :
ici ou
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