Une question par Turlure 2018-01-28 21:20:15 |
|
Imprimer |
Puisque l'idée qui sous-tend l'hypothèse des limbes est que l'homme peut trouver sa complétude en accomplissant une fin purement naturelle, pourquoi limiter ce cas aux enfants morts avant l'âge de raison ?
Pourquoi un adulte qui suit toujours sa conscience, même s'il commet des fautes légères, ne se retrouverait-il pas à sa mort dans le même cas : privé de la vision béatifique mais préservé des tourments infernaux car ayant accompli sa vocation naturelle ?
Par ailleurs, la notion d'âge de raison (au delà du cap aussi traditionnel qu'arbitraire des sept ans) est elle-même compliquée à définir : y a-t-il vraiment un instant précis où l'enfant acquiert subitement la conscience du bien et du mal ? Je n'en suis pas convaincu. La conscience du bien ou du mal de ses propres actes n'est pas uniquement une question d'âge et prend en compte beaucoup d'éléments acquis.
Enfin, je ne suis absolument pas convaincu par l'argument de la distinction sur la volonté de Dieu que tous les hommes soit sauvés. Personne ne prétend qu'il s'agisse d'une volonté efficace (cela nous rapprocherait d'Origène si je ne me trompe pas). Car Dieu a voulu faire rentrer la liberté humaine dans le jeu. Il veut que tous soient sauvés mais permet à chacun de se détourner de lui et par là de se damner. Ce n'est pas contradictoire.
En revanche, concevoir que Dieu crée une âme humaine en la privant de tout moyen d'accomplir sa vocation surnaturelle à la vision béatifique, contredit à mon sens clairement le fait révélé que Dieu veut (intentionnellement) que tous les hommes soient sauvés. Ce serait absurde.
Ou alors, il faudrait conclure que le petit enfant est un être situé quelque part entre l'animal à la fin purement naturelle et l'homme appelé au salut, qu'il deviendra peut-être. On en revient à cette expression de "bébés âmes dans un bébé paradis" de John Milbank que je trouve assez juste. Mais à ce moment, comment concevoir qu'un enfant baptisé puis décédé monte au ciel ?
Quant à l'invocation du De veritate comme quasi-argument d'autorité, je trouve qu'il apporte peu dans un débat encore ouvert théologiquement.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|