Messages récents | Retour à la liste des messages | Rechercher
Afficher la discussion

Comment méditer, aimer, et recevoir la Croix, sanglante seulement ? personnelle ou pas ?
par Glycéra 2016-08-01 00:59:35
Imprimer Imprimer

Quelques pages et documents :
http://www.revue-item.com/581/comprendre-la-satisfaction-du-christ-pour-nos-peches/
Evidemment je préfère la manière orthodoxe d’en parler
http://foiorthodoxe.blogspot.fr/2010/07/la-theorie-de-la-satisfaction.html
Plusieurs mots, l’expiation
https://fr.wikipedia.org/wiki/Expiation


Je reste perplexe dès qu’il y a pesage ou comptabilité à mettre en équilibre entre nos fautes, et nos mérites, entre les péchés de tous les hommes et la vertu du sacrifice du Calvaire.
« La seule mesure d’aimer est d’aimer sans mesure » Alors, faire des tas, et calculer ?
Cela est tradition, celle du Seigneur, et de tous les autres prophètes et fils de prophêtes qui l’ont annoncé.

Théorie = abstraction qui parle de Dieu, par Dieu, venant de Dieu.
Satisfaction = faire assez

Jésus ne paie pas, Il ouvre la porte qu’Adam avait fermé.
Le Sauveur n’est pas annoncé pour compenser Abel, ni pour cicatriser la blessure venue de Caïn. Il est promis aux impatients qui n’ont pas su respecter le mode de vie que Dieu a demandé : « ce fruit est pour vous, mais pas maintenant, vous devez d’abord grandir, devenir ce que vous êtes » (comme le chêne est tout défini, mais non réalisé en plénitude, dans un gland) « si vous mangez trop tôt, vous devrez muter avant d’en être capable, et ce sera douloureux, raté, vous devrez vous exiler » (muter et non mourir au sens actuel de ce mot – en hébreu muter et mourir sont le même mot).



Le pauvre est Dieu, car Dieu vit en Lui. Sans la Vie, le pauvre n’est pas. Ni nous. Ainsi Mère Térésa à genoux devant un pauvre qui meurt, car c’est devant Dieu qu’elle se voit. Jésus est ce pauvre qui est devenu homme pour sentir ce que c’est d’être loin des cieux, et pour obéir dans ses tripes, dans sa pratique d’homme exilé après la faute du premier Adam.



Aucun humain ne pouvait plus parcourir le chemin, ni passer, puisque l’Ange garde la porte de l’Eden. S’endormir d’Amour accompli ne nous est plus possible, seule Marie était bâtie pour le faire, et le miracle n’est pas dans la Dormition-Assomption mais dans ce qu’elle a vécu si longtemps avec nous. Jésus est à la fois le Berger et le Chemin. En faisant son parcours parmi les humains, il répare, complètement, l’acte perdu. Je dirais : Il nous apprend à réparer complètement le nôtre, en fournissant les manières, les outils et les matériaux pour ce faire. Ainsi fait-il quand un enfant meurt, avant d’avoir péché. C’est le mystère d’innocence : étymologiquement celui de ne pas nuire, de ne pas avoir nui. Ou d’être assez pardonné pour avoir reconstitué l’innocence en soi, comme bien des âmes construisent leur virginité par la grâce de Dieu.(et non selon les définition des hommes)


Dieu a eu besoin de se donner une deuxième fois : la première en donnant la Vie qu’Il est à des créatures, qui sont à la fois les siennes et libres de se comporter comme sans Lui, et la deuxième en venant repêcher ceux qui coulent quand ils perdent confiance. Comme Pierre marchant bien sur l’eau, et dont le pied s’enfonce quand il veut contrôler les éléments fluides.
J’ai du mal avec ces flux sanglants, que les images envoient du crucifix sur le corporal de l’autel. Mon horreur constitutive de la douleur me faisait échapper à ces martyres en miniatures que sont les sacrifices, les flagellations, les cilices, en me répétant les « Dieu est doux, Dieu est amour » comme on pose un Tricostéril sur une vilaine coupure, moche à voir.
Pui j’ai compris que « victime d’amour » est de se laisser aimer, même par des cadeaux de douceurs, que c’est le même mérite de recevoir un bijou et de le porter gaiement en remerciement pour le donateur que de trouver un mauvais brouet fans son écuelle et de le manger avec gratitude envers le cuisinier nullissime.

Il aurait suffi d’un rien du tout pour sauver toute la création, car chaque geste de Dieu est parfait, infini, et suffisant. Mais cela aurait-il été logique avec le respect infini de la liberté intrinsèque dont Dieu a tissé notre existence ? Ne fallait-il pas que ce fut visible, fort, compréhensible, évident, et adorablement spécial pour que cela fut accessible à notre capacité de voir ? Annoncer dans toute la première alliance ce qui naîtrait dans le peuple séparé, grandir caché socialement, enseigner, choisir ses piliers, les organiser, prévenir, rappeler, faire du bien, désirer achever dans Sa Personne physique, psychologique, et Se laisser prendre, participer à la liturgie prévue, remercier Sa mère, l’éducatrice qu’Il avait choisie de toute éternité, et se disloquant, aller se coltiner aux démons pour chercher les ancêtres en salle d’attente, revenir raconter tout à Son Eglise pour cimenter l’édifice… Cela a une autre classe ! En tout cas, Dieu a eu besoin de le faire, car il a besoin de satisfaire nos besoins, puisqu’il a désiré d’un grand désir de vivre en nous, et que nous entrions en Lui..

Il ne me semble pas que ce soit une relativisation de la Croix, mais une remise en perspective de ce qu’on raconte d’idiot au sujet de la Croix, depuis que sévissent les doloristes jansénistes, ou autres comptabilistes de la « satisfaction ». Un exemple : la prière des petits enfants :
« Mon Dieu je Vous remercie de cette journée : pour ci et ça et aussi… que Vous m’avez donnés. Protégez-moi pendant la nuit. Bénissez ceux qui me sont si bénéfiques. »
Est tellement plus sain, plus filial, plus dans la note du cœur de Dieu que trop de :
« Mon Dieu, pardon pour mes offenses sans nombre, pour mes fautes ici, là et encore… Je promets de ne jamais recommencer, et aidez-moi à gagner des mérites. »
La première est une simplicité de fils heureux devant ce que son Père fait.
Les secondes poussent aux listes de culpabilisations vers la révolte ou les scrupules d’un héritier qui recule au lieu de se présenter. Ils voient Dieu dur (quasi injuste).
Que des modernes se gavent de « nous irons tous au Paradis » quoique soient nos j’m’en foutismes n’est qu’une autre sorte d’erreur de perspective : ils voient Dieu mou (donc injuste).

Ecouter le père Molinié dans le parcours du peuple hébreu, représentatif, illustratif, du chemin de chaque humain qui monte vers Dieu, qui annonce la vie de celui qui parcours le chemin montré par Jésus jusqu’à sa propre activité, puis réprobation des mondains, et rejet des soi-disant purs (en fait aveugles de leur propres fausses lumières), avant d’entrer comme le bon larron ce soir-même au Paradis quand le corps lâche l’âme et qu’elle peut enfin naître au Ciel. Je dirais que nous sommes dispensés du passage vers les Enfers, cela, Jésus a été le seul à le pouvoir accomplir : intégrer le Satan ne nous est pas demandé.

Je pense à celle qu’on appelle « la grande Conchita », dont personne ne soupçonnait l’immensité intérieure dans sa vie de riche dame, bien mariée, heureuse avec son mari, ses nombreux enfants. Je revois alors les lignes de St François de Sales : Il ne vous est pas demandé, Philothée, de choisir votre croix, mais de recevoir celle que Dieu vous fait, c’est lui qui en choisit la forme et le bois, que vous importe qu’elle soit douce, fine, légère, ou rugueuse. Lui sait quelle Il vous veut donner » (de mémoire) « Qui la veut dessiner lui-même ne fait pas la volonté de Dieu. » Voilà ce qu’est pour moi la Croix. Conchita aimait les pénitences, les cilices, et il lui furent retirés… pour une vie délicate, forte et douce que bien des péronnelles souhaitent par égoïsme, paresse ou sensualité. On n’imite pas les gestes ni les détails de robes de Jésus. On suit ce qu’Il souffle, inspire, au cœur qui L’aime et Lui est docile. Les modes de vie importent peu à qui fait ce que Jésus lui propose à faire.


Il y a peu de temps que j’ai su voir un crucifix avec tendresse et admiration : Merci Seigneur des fautes que vous m’aidez à effacer, et de toutes celles que vous m’avez évité de produire. C’est loin du « Vous avez donné un soufflet à Jésus, et cette écorchure, là c’est votre faute. Vous avez aidé à le mettre en croix. » que j’entendais petite fille, sachant bien que j’aimais assez Jésus pour désirer le sortir de là, le consoler, ou lui tendre des pansements si j’avais pu être à Jérusalem pour aider à le soigner un peu. Ce sont ces choses ridicules qui ont fait fuir beaucoup de gens vers le Bisounoursland, alors qu’elles m’ont empêchée de méditer et contempler la Passion, tant la bestialité des images et les exagérations des propos me révulsaient. Chacun son chemin, Dieu sait ce que sont nos glandes et nos besoins pour aller droit.

Anne-Catherine Emmerich dit que Jésus bénissait… et d’un geste en forme de croix. Pas encore sanglante, donc autre que nos peintures…

Votre question n’est pas trop abrupte. Elle m’a aidée à voir plus clair, et je vous en remercie infiniment.

     

Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !


  Envoyer ce message à un ami


 Quoi de neuf sous le soleil ? Rien ! par XA  (2016-07-27 22:50:07)
      De même que l'Eglise est l'épouse du Christ par postit  (2016-07-27 23:10:08)
      Ouais! par Miserere  (2016-07-27 23:12:07)
      Réalité - Mutation d'un temps... par Glycéra  (2016-07-28 00:22:01)
          Dieu demandera-t-il: "Qu'as-tu fait de ton âme?" par le torrentiel  (2016-07-29 04:36:30)
              Oeuvrer à son propre salut est nécessaire mais pas suffisant par Regnum Galliae  (2016-07-29 11:11:10)
              La vraie question est autre, plusieurs raisons pour le dire. par Glycéra  (2016-07-29 15:26:18)
                  Nous ne serons pas seulement jugés par le torrentiel  (2016-07-29 16:04:46)
                      Ces éléments ne sont-il pas tous groupés dans "l'exemple donné" ? par Glycéra  (2016-07-29 16:21:29)
                          Une réponse ne vaut pas toujours réfutation, mais l'imitation, mais l'exemplar [...] par le torrentiel  (2016-07-29 20:47:08)
                              Contrepoint et harmonies infinies... par Glycéra  (2016-07-30 00:11:55)
                                  Le Christ "n'a pas payé pour nous", mais nous ouvre le chemin de rép [...] par le torrentiel  (2016-07-31 04:29:29)
                                      Comment méditer, aimer, et recevoir la Croix, sanglante seulement ? personnelle [...] par Glycéra  (2016-08-01 00:59:35)
      Merci, cher XA... par Pol  (2016-07-28 08:17:06)
      Deux remarques, cher XA ... par vistemboir2  (2016-07-28 10:59:04)
      globalement d'accord avec vous XA par Luc Perrin  (2016-07-28 11:20:40)
      Attention car c'est en luttant pour le salut des hommes par Ritter  (2016-07-28 14:40:23)
          "fille aînée" ... une expression datée et fausse par Luc Perrin  (2016-07-28 16:51:45)
              C'est bien plus vieux et pas tout à fait faux par Regnum Galliae  (2016-07-28 17:56:57)
              Saint Jean-Paul II nous éclaire...1er juin 1980 le Bourget par Ritter  (2016-07-28 22:08:26)


230 liseurs actuellement sur le forum
Mentions Légales
[Valid RSS]