Une réponse ne vaut pas toujours réfutation, mais l'imitation, mais l'exemplarité... par le torrentiel 2016-07-29 20:47:08 |
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Chère dame glycéra,
Ma première remarque en objet. Je n'ai pas l'intention de vous conforter ni de vous réfuter, mais d'émettre un avis en contrepoint du vôtre.
Vous faites un parallèle qui me parle: la capacité de distribuer quand on est en mesure et de demander quand on est dans le besoin, sans maudire les refus que l'on peut essuyer.
Cependant, je crois que l'individualisme triomphant, qui est en partie un de ces fruits mal mûris du christianisme, nous a habitués à tort à considérer le salut comme une œuvre que nous ferions de nous-mêmes vers nous-mêmes par l'entremise du christ Médiateur.
"Notre espace" n'est pas un champ clos. Il est un champ de relations où, comme dirait scrutator en dénonçant les conceptions purement activistes et interactivistes de la Trinité, Dieu et l'autre ont de la substance, sans que ce soit la même substance.
L'autre n'est pas un champ d'expériance pour nous permettre de faire l'épreuve de nous-mêmes en nous sauvant à travers lui.
Il est le champ de Dieu, mais dieu ne l'efface pas pour que nous L'aimions sans nous soucier de lui.
Quand Caïn ne s'est pas occupé de ce que devenait abel tué, Dieu ne lui a pas dit: "Tu devais l'aimer et t'en occuper pour Moi." Il lui a dit: "J'entends le sang de ton frère qui monte de la terre" et qui demande réparation.
Jésus n'a pas été crucifié premièrement pour nous servir de modèle, mais pour nous délivrer de nos péchés.
L'Imitation de Jésus-Christ prend en compte le fait que Jésus est le Chemin. Mais à mon sens, ce livre fait énormément d'erreurs caractérologiques. Il ne saisit pas le caractère de Jésus. Il Le réduit à son obéissance et nous réduirait, si nous le suivions, à ne jamais nous fier à nous-mêmes si nos supérieurs trouvaient, contre notre avis, que notre conscience ne va pas droit. Je n'ai jamais compris ce qui, dans ce livre, avait donné à Michelet matière à en faire non seulement celui qui aurait émanciper le peuple et fait émerger la conscience populaire, mais aurait permis à Jeanne d'Arc d'avoir une telle liberté face à son roi et face à ses juges. A ma connaissance il ne s'en est jamais expliqué!
Il y a cependant un niveau où l'imitation est une bonne école: c'est celui où, pour ainsi dire, elle s'oppose et s'impose à la liberté. Ce n'est pas celui de l'homme qui deviendrait autre par évolution ou transhumanisme, mais celui où l'homme ancien deviendrait l'homme nouveau en se calquant sur le modèle d'Humanité que propose le fils de l'Homme, notre modèle et notre chemin, Qui ne nous demande pas de l'imiter avec Ses qualités et Ses aspérités, mais avec les nôtres pour qu'en nous configurant peu à peu à l'Icône du Dieu invisible, nous soyons transformés en Dieu, et nous ouvrions à la divinisation qu'il est venu nous offrir .
Quant à l'exemplarité à laquelle nous atteindrions, je ne vois pas en quoi elle nous sauverait. Notre salut se fait en nous donnant, il ne se fait pas en édifiant. Est-ce que l'édification édifie? Est-ce que nous nous moulons vraiment sur le modèle des saints? Est-ce qu'un nouveau chemin de sainteté n'est pas celui qui effacerait notre visage à nos propres regards pour mettre en Lumière Celui de Dieu dans tous ces inconscients d'identification par lesquels Il ne cesse de se montrer sans que nous sachions Le reconnaître?
Ainsi modulerais-je les questions que vous vous posez, non sans vous renouveler mon amitié.
Le torrentiel
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