Vous séparez, comme un profane, les sciences.
Certes les sciences sacrées, théologie, philosophie et morale, président à la connaissance des choses. Mais elles règnent sur la métaphysique et non pas directement sur la physique.
Toutes les sciences sont sacrées. On pourra chercher tous les cas :
Il n'est pas d'anthropologie sans Dieu.
L'économie n'est pas sacrée, elle est disciple de Mammon.
Les finances sont des outils, pas une science.
La physique fondamentale parle de l'énergie créatrice de tout : c'est le don explosif de l'Amour du Tout-Un divin.
Les équations n'ont pas besoin de Dieu pour être résolue! C'est ce qui fait l'efficacité des sciences profanes: agnostiques en soi, elles produisent à profusion des résultats qui s'imposent à tous sans acception de croyance. Le chercheur pourra, certes, trouver une beauté à ses découvertes mais ce sentiment n'engage effectivement que lui.
L'anthropologie est une des branches des sciences sacrées donc... (
cf. René Girard de l'Académie Française) mais à ne pas confondre avec l'ethnologie ou la sociologie...
L'économie, la comptabilité et les finances forment un savoir profane dont l'objet est d'évaluer et d'étudier les rapports et relations de richesse et de production entre les hommes. Ce n'est pas servir Mammon! Notre Seigneur, dans ses paraboles, était un économiste en herbe. Les charités ont besoin de s'appuyer sur une réflexion économique pour être efficace. On peut tout à fait servir Dieu à travers le prochain à l'aide de l'argent. Le tout est de ne pas faire de la possession une maîtresse (péché capital d'avarice).
La physique fondamentale, comme son nom l'indique, ne s'intéresse qu'aux prodiges de la "bête" matière, toute simple et sans artifice. Dieu ne s'abaisse pas au rang d'hypothèse.
Il est de fait que depuis le XVI° surtout, la "science" a voulu virer Dieu. Et nous déclinons sévèrement depuis. La phili des XVIII° et XIX° a enclenché le pas. C'est de la mauvaise entropie, pas un progrès pour l'humain.
La grande invention de la pensée chrétienne est justement la dialectique qui permet de mettre en regard deux visions du monde et de les faire dialoguer. Le profane interroge le sacré quant à l'éthique et l'esthétique tandis que le sacré s'appuie sur le profane pour ouvrir son regard sur le vaste monde.
Ne mélangez-vous pas technique et science ?
Non. Mais la science sans technique (même abstraite) est inopérante.
Construire une machine est une somme d'actes techniques. Un art de savoir manier la matière... selon ce que Dieu a prévu qu'elle soit, pas contre la nature que Dieu fit d'elle.
Dieu a prévu que la nature obéisse à des lois physiques. A partir de là, on se ballade librement dans le jardin et on en fait ce qu'on veut. Voulez-vous supprimer la péridurale qui assure confort et sécurité alors que Dame Nature laissée à elle-même inflige de grandes souffrances?
Ce que demande le Bon Dieu, dans la Révélation, c'est que le geste posé soit un choix moral.
Fabriquer une machine est un acte neutre.
Seule l'intention, la fin de la fabrication valorise l'acte.
C'est plutôt faux. Construire un bidule est acte économique qui emploie des ressources. Toute la production est donc commandé par un projet d'entreprise. De plus, les conditions de fabrication (les charges et le passif) relèvent aussi d'une réflexion.
César n'a pas à gouverner sans Dieu.
Il n'a pas non plus à employer Dieu comme "opium du peuple" pour négocier ses magouilles et ses injustices de lois tordues. Administrer ses contemporains est neutre.
Le faire pour s'en mettre plein les poches est condamnable.
Gouverner pour que chaque administré soit dans les meilleures conditions d'accès à sa propre sainteté est méritoire, et tâche de gouverneur droit.
Oui mais Dieu comme César ne fait acception des personnes. Une politique publique ou privée n'est jamais neutre car elle porte en elle un projet de société.
Et je ne voie pas le rapport direct avec le sujet si ce n'est que gouverner avec Dieu signifie poser une borne à la puissance publique au nom d'une morale commune qui transcende le corps social. Reste encore à donner un sens à ce "Dieu".