Jésus-Christ a eu affaire à la question. Ne l'oublions pas. Dans le cas de la Samaritaine qui avait eu cinq maris.
Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. »
La femme répliqua : « Je n’ai pas de mari. » Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari :
des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. » (Jn 4, 16-18).
Il s'agit bien de mariage naturel puisque la Samaritaine n'était pas baptisée, non plus que ses maris. Or Jésus considère ses mariages successifs comme illégitimes et par conséquent invalides (en droit naturel). Seul le premier l'était. Par conséquent le premier homme seul reste son mari, à condition qu'il ne soit pas décédé entre temps. Dans cette dernière hypothèse, le second et ainsi de suite.
Le mariage naturel est considéré par le Christ comme un vrai mariage institué par Dieu, puisque c'est ainsi qu'Adam et Eve, nos premiers parents, furent mariés. Rappelons-nous cette autre parole du Christ :
"Mais dès l'origine il n'en fut pas ainsi." (Mt 19, 8). On pourrait parler de sacrements de la loi naturelle, de même que les théologiens parlent couramment des sacrements de la loi juive, qui avaient leur valeur avant l'avènement de Jésus-Christ, et qui étaient institués et légiférés par Dieu, au même titre que les dix commandements du Sinaï.
Mais ce mariage naturel n'était pas strictement indissoluble puisque Moïse lui-même avait permis la répudiation et le remariage conséquent. De même l’Église, par le privilège paulin, accorde la dissolution de ce mariage au bénéfice de l'époux qui voudrait se faire baptiser malgré l'opposition de son conjoint.
Si le mariage naturel n'est pas extrinsèquement indissoluble (il peut être annulé par une autorité légitime), il le reste intrinsèquement. Les époux, qui se sont jurés fidélité, ne peuvent se séparer à leur fantaisie. Ils commettent un adultère en se remariant, un adultère doublé souvent d'un abandon de famille. Les missionnaires dans les pays païens tiennent compte de ces circonstances, avant d'admettre des gens au baptême. Jésus lui-même est clair, et il parle de tout mariage :
"Or, je vous le dis : quiconque répudie sa femme - sauf en cas de prostitution - et en épouse une autre, commet un adultère." (Mt 19, 9). La prostitution constatée autorise la répudiation, non le remariage.
Il vaudrait mieux qu'un canoniste de fonction précisât les choses, ou éventuellement rectifiât les erreurs commises.