Je dois faire des efforts pour me dire que c'est le renouvellement non sanglant de l'unique sacrifice de Notre-Seigneur sur la croix.
N'est-ce pas le cas pour toutes les messes, où seule notre foi dans les enseignements de l'Eglise nous révèle ce qui se déroule sous nos yeux ? Le rituel et la ferveur des protagonistes peuvent bien sûr faciliter notre effort, mais la réalité miraculeuse que signifie et produit le sacrement sera toujours invisible, quel que soit le rite.
J'assiste plusieurs fois dans la semaine à la messe traditionnelle célébrée admirablement et avec ferveur. Cela ne m'empêche pas de me surprendre intérieurement indifférent à ce qui se déroule, pendant l'élévation même et pratiquement à chaque fois. Adorer le Christ dans son sacrifice demande effectivement un effort intellectuel, parfois apparemment vain. Lorsque je sors de la messe, je ne me sens pas forcément "enrichi" mais je sais pourtant qu'y assister n'a pu que me profiter. Le Seigneur nous demande ainsi une fidélité parfois ingrate en apparence, ne nous en étonnons pas !
Indépendamment de la question de la qualité intrinsèque du rite de Paul VI que Vianney a parfaitement résumée dans sa conclusion duale, il me semble que l'idée de se priver de l'assistance dominicale à la messe pour des raisons subjectives d'insatisfaction spirituelle ne vient pas de l'Esprit Saint. Il faut bien sûr mettre à part le cas où la célébration est un scandale objectif et blesse effectivement la foi.
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