l'Eglise a le pouvoir de déterminer qu'une présence implicite du récit de l'Institution suffit a assurer l'intégrité sacramentelle ; et c'est ce qu'elle a fait
Non, l'Eglise n'en a pas le pouvoir et l'Eglise ne l'a d'ailleurs pas fait.
Ceux qui l'ont prétendu sont des imposteurs.
La forme (les paroles pour effectuer) le sacrement de l'Eucharistie sunt
verba Salvatoris quibus hoc confecit sacramentum, les paroles du Sauveur par lesquelles Il a effectué ce sacrement (Florence).
Et rien d'autre.
Le pape Saint-Pie X écrit (justement sur certains erreurs des orientaux) dans
Ex quo nono (AAS 3, 1911, p. 119: Ecclesiae minime competere ius circa ipsam sacramentorum substantiam quidpiam
innovandi) que l'Eglise n'a pas le droit d'innover quoi que se soit dans la substance des sacrements (et il mentionne justement l'erreur sur l'épiclèse et aussi la confirmation abusivement conférée par n'importe quel prêtre).
qui selon cette théorie, s'ajouteraient à la version écrite, seraient totalement superfétatoires et ne s'intégreraient pas harmonieusement au reste du texte.
La
disciplina arcani n'est pas une théorie, c'est un fait bien établi.
Il faut savoir que les textes ont pu être harmonisés par après, une fois omis certaines parties. Les manuscrits syriaques sont d'ailleurs souvent très mauvais.
Cette théorie a aussi pour défaut de prendre le clergé séculier et régulier oriental pour des débiles mentaux
Oui.
Cela paraît fort, et je n'aurais pas utilisé votre choix de mots, mais ce n'est pas tout à fait hors propos.
Le clergé grec ou moyen-oriental ne m'a pas beaucoup impressionné, sauf exception, du point de vue intellectuel. C'est vrai qu'il est plus pieux que les modernistes, ce qui n'est pas difficile.
Le seul théologien oriental (grec) que je connaisse qui interprète les Pères, tous les Pères,
ad aperturam libri, qui vous cite des parties entières par coeur, qui pour trouver une référence, va à sa bibliothèque, ouvre un livre, et vous la donne dans deux minutes, n'importe quelle référence qui vous vienne à l'esprit sur une question de théologie orientale, eh bien, ce théologien est un laïc.
Il fumait partout des cigares affreuses (ce fut encore permis à l'époque), et tout en connaissant parfaitement le latin, il était par ailleurs un anti-latin farouche, quoiqu'il écoutait, chose surprenante, des disques de grégorien dans son bureau à l'université.