Ne vous inquiétez donc pas ! Corps glorieux par Meneau 2013-10-06 01:49:40 |
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Franchement, j'ai déjà vu certains sites prétendre mettre aussi grossièrement en doute la rectitude doctrinale d'un théologien comme J.Ratzinger sur ce point. Faut oser, c'est vraiment binaire. Pour s'attaquer à J.Ratzinger, il faut à mon avis creuser un peu plus...!
Il est évident, comme le dit NeoAthanase plus haut, qu'à la résurrection des corps notre âme ne re"formera" pas le même corps composé de ses éléments biologiques mortels et in fine putrescibles. Il ne s'agira pas d'une résurrection "à la Lazare".
Au contraire, les corps glorieux seront formés par une âme transfigurée. Il s'agira d'une résurrection "à la NSJC" si je peux me permetre.
Bien entendu il y a une continuité entre notre chair terrestre et le futur corps glorieux. Il s'agit du même corps, mais transfiguré. Ainsi St Irénée peut dire :
Mais la transfiguration par laquelle, de mortelle et corruptible, elle devient immortelle et incorruptible, ne vient pas de sa substance à elle ; cette transfiguration vient de l'action du Seigneur, qui a le pouvoir de procurer l'immortalité à ce qui est mortel et l'incorruptibilité à ce qui est corruptible.
Dès l’époque patristique, la profession de la résurrection est formulée d’une manière complètement réaliste. Il semble que la formule « résurrection de la chair » soit entrée dans l’ancien Symbole romain, et après lui chez beaucoup d’autres, pour éviter une interprétation spiritualiste de la résurrection qui, par influence gnostique, attirait certains chrétiens [25]. Au Concile dé Tolède XI (675), on expose la doctrine d’une manière réfléchie : on repousse l’opinion que la résurrection se produise « en une chair éthérée ou une autre quelconque » ; la foi se rapporte à la résurrection « en cette [chair] en laquelle nous vivons, nous subsistons et nous mouvons ». Cette confession garde présent le « modèle qui nous a été offert dans le Christ, notre Chef », c’est-à-dire à la lumière de la résurrection du Christ [26]. Cette dernière allusion au Christ ressuscité montre que le réalisme est maintenu d’une manière telle qu’il n’exclut pas la transformation des corps qui vivent sur terre en corps glorieux. Mais un corps éthéré, qui serait une création nouvelle, ne correspondrait pas à la réalité de la résurrection du Christ et introduirait alors un élément mythique. Les Pères de ce Concile présupposent cette conception de la résurrection du Christ qui est la seule à être cohérente avec les affirmations bibliques sur le sépulcre vide et les apparitions du Seigneur ressuscité (rappelons-nous l’emploi du verbe ôphthê pour exprimer les apparitions du Seigneur ressuscité et, parmi les récits d’apparition, ceux que l’on appelle « scènes de reconnaissance »). Malgré cela, cette résurrection conserve la tension entre la continuité réelle du corps (le corps qui fut cloué sur la Croix est le même corps qui est ressuscité et se manifeste aux disciples) et la transformation glorieuse de ce même corps. Jésus ressuscité a non seulement invité les disciples à le toucher, parce qu’ « un fantôme n’a pas de chair et d’os comme vous voyez que j’en ai », mais il leur a montré ses mains et ses pieds pour qu’ils vérifient « que c’est bien moi » (Lc 24, 39 : oti ego eimi autos). Cependant, il n’a pas repris dans sa résurrection son état de vie terrestre et mortel. Ainsi, tout en maintenant le réalisme en ce qui concerne la résurrection future, n’oublions surtout pas que notre vraie chair, dans la résurrection, sera conforme au corps glorieux du Christ (cf. Ph 3, 21). Le corps qui, actuellement, est conformé par l’âme (psyché), sera, lors de la résurrection glorieuse, conformé par l’esprit (pneuma) (cf. 1 Co 15,44).
(...)
1.2.5. Il faut enfin souligner qu’il existe dans les Symboles des formules dogmatiques pleines de réalisme au sujet du corps de la résurrection. La résurrection se produira « dans cette chair en laquelle nous vivons actuellement » [31]. Aussi le corps qui vit maintenant et celui qui ressuscitera est-il le même. Cette foi apparaît clairement dans la théologie chrétienne primitive. Ainsi, saint Irénée admet la « transfiguration » de la chair, car, « étant mortelle et corruptible, elle devient immortelle et incorruptible » dans la résurrection finale [32]. Mais cette résurrection s’accomplira « dans les mêmes [corps] qui étaient morts, parce que, si ce n’était pas les mêmes, ceux qui étaient morts ne ressusciteraient pas » [33]. Les Pères pensent, donc, que, sans identité corporelle, on ne peut défendre l’identité de la personne. L’Église n’a jamais enseigné que la même matière soit nécessaire pour que l’on puisse dire que le corps est le même. Mais le culte des reliques, par lequel les chrétiens professent que les corps des saints « qui furent jadis des membres vivants du Christ lui-même et le temple de l’Esprit Saint [...] seront ressuscites par lui pour la vie éternelle et glorifiés » [34], montre que l’on ne peut expliquer la résurrection indépendamment du corps qui a vécu.
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