C'est une logique qui ne s'oppose guère au "pluralisme religieux". par Scrutator Sapientiæ 2013-08-03 22:34:53 |
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Bonsoir Jean-Paul PARFU,
1. J'aborde en quelques mots un autre aspect du même dossier, autre aspect qui me semble au moins aussi important que celui que j'ai déjà abordé, en première réponse à votre message.
2. Jean-Paul II et Benoît XVI n'étaient pas partisans de ce que l'on appelle la théologie dite du pluralisme religieux, id est, pour aller (très) vite, la théologie des religions non chrétiennes qui est située, à mi-chemin, entre l'inclusivisme et le relativisme.
3. Or, il se trouve que Jean-Paul II, pour ainsi dire, a donné naissance au courant d'Assise, et que Benoît XVI a plus essayé de canaliser qu'il n'a réussi à désactiver ce que son prédécesseur avait enclenché, notamment et surtout, à partir de début 1986 ; je dis "notamment et surtout", car je n'oublie pas le discours d'Ankara, qui date de fin novembre 1979, même si le "saut qualitatif brusque", notamment en ce qu'il a d'apparemment d'irrémédiable ou d'irréversible, de médiatisable et de médiatisé, est situé en 1986.
4. Et il se trouve également que, parmi les théologiens officiellement catholiques qui ont donné naissance à la théologie dite du pluralisme religieux, en ce qui concerne l'Eglise catholique, d'aucuns citent fréquemment, non seulement NA, mais aussi et surtout Assise, comme un encouragement considérable qui a été donné au développement de leur théologie.
5. Cette théologie du pluralisme religieux a commencé à apparaître, au moyen de quelques ouvrages fondateurs, à partir de la fin des années 1980, id est axiologiquement et chronologiquement APRES Assise 1986.
6. Dès le début des années 1990, nous sommes en présence d'un pape et d'un futur pape qui commencent à savoir à quoi s'en tenir, en ce qui concerne, en quelque sorte, les possibilités de gauchissement théologique qui sont contenues
- par des évènements tels que ceux organisés à Assise, ou par des évènements tels que ceux organisés ailleurs, mais à la suite de ceux qui ont eu lieu à Assise,
et
- par les discours de justification ou de légitimation de ces évènements qui sont tenus, parfois par eux-mêmes, en amont, au moment ou en aval de ces mêmes évènements.
7. Or, face à ces possibilités, face à ces réalisations, dans le domaine du gauchissement théologique, concernant les relations avec les religions non chrétiennes, il me semble que l'on peut remarquer, sans être offensant ni partisan, qu'un minimum d'actes de remédiation a été posé, que ce soit par Jean-Paul II ou par (le futur) Benoît XVI.
8. Il ne s'agit pas pour moi de dire que Jean-Paul II, en voulant Assise, a également voulu l'essor de la théologie dite du pluralisme religieux, mais il s'agit pour moi de dire que Jean-Paul II,
- en voulant Assise, a permis, a rendu possible, a donné un élément de justification, une occasion de légitimation, à cette théologie,
- en recadrant ou en sanctionnant le moins possible, n'a guère fait obstacle, ne s'est guère opposé, à la consolidation, au développement, de cette même théologie.
9. Le document Dominus Iesus date de l'an 2000 ; qu'est-ce qui a été fait, depuis la tête de l'Eglise, entre 2000-2001 et 2011-2012, pour que ce document courageux, mais pas consensuel, soit connu, compris, mis en avant et en valeur, pris en compte par les évêques et par les théologiens ?
10. Qu'est-ce qui a fait que deux Souverains pontifes successifs se sont comportés comme s'ils n'avaient plus la moindre aptitude ou la moindre aspiration à exercer leur autorité, notamment face à des théologiens qui, en un sens, ne sont pas restés des théologiens, mais sont plutôt devenus des herméneutes, des philosophes interprètes du phénomène religieux, ce qui n'est pas tout à fait la même chose ?
11. Je pose peut-être mal le problème, mais il y a là, pour moi, une part de mystère ; je dirais même, si j'osais : une part de scandale, car enfin, soyons clairs : s'il y avait bien deux personnes qui connaissaient la part de nocivité qui est présente à l'intérieur de la théologie dite du pluralisme religieux, c'était bien Jean-Paul II et (le futur) Benoît XVI.
12. Alors, pourquoi y a-t-il eu, de leur part, une telle absence ou un tel déficit d'énergie et de fermeté, face à des manifestations de créativité théologique qui s'auto-proclament volontiers comme étant "la pointe avancée de la théologie" ?
Je vous remercie par avance pour votre attention et votre bienveillance, au contact de ce trop long message, et je vous souhaite une bonne nuit.
Scrutator.
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