Message du pape François pour la fin du Ramadan. par Scrutator Sapientiæ 2013-08-03 09:26:15 |
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Bonjour à tous,
Voici :
Ici.
I. Je pense surtout aux paragraphes suivants :
" Ce que nous sommes appelés à respecter dans chaque personne, c’est tout d’abord sa vie, son intégrité physique, sa dignité avec les droits qui en découlent, sa réputation, son patrimoine, son identité ethnique et culturelle, ses idées et ses choix politiques. C’est pourquoi nous sommes appelés à penser, à parler et à écrire de manière respectueuse de l’autre, non seulement en sa présence, mais toujours et partout, en évitant la critique injustifiée ou diffamatoire. À cette fin, la famille, l’école, l’enseignement religieux et toutes les formes de communications médiatiques jouent un rôle déterminant.
Pour en venir maintenant au respect mutuel dans les relations interreligieuses, notamment entre chrétiens et musulmans, ce que nous sommes appelés à respecter c’est la religion de l’autre, ses enseignements, ses symboles et ses valeurs. C’est pour cela que l’on réservera un respect particulier aux chefs religieux et aux lieux de culte. Quelles-sont douloureuses ces attaques perpétrées contre l’un ou l’autre de ceux-ci!
Il est clair que, quand nous montrons du respect pour la religion de l’autre ou lorsque nous lui offrons nos vœux à l’occasion d’une fête religieuse, nous cherchons simplement à partager sa joie sans qu’il s’agisse pour autant de faire référence au contenu de ses convictions religieuses.
En ce qui concerne l’éducation des jeunes musulmans et chrétiens, nous devons encourager nos jeunes à penser et à parler de manière respectueuse des autres religions et de ceux qui les pratiquent en évitant de ridiculiser ou de dénigrer leurs convictions et leurs rites. "
II. Je cite à nouveau ces deux phrases :
" Pour en venir maintenant au respect mutuel dans les relations interreligieuses, notamment entre chrétiens et musulmans, ce que nous sommes appelés à respecter c’est la religion de l’autre, ses enseignements, ses symboles et ses valeurs. "
(...)
" Il est clair que, quand nous montrons du respect pour la religion de l’autre ou lorsque nous lui offrons nos vœux à l’occasion d’une fête religieuse, nous cherchons simplement à partager sa joie sans qu’il s’agisse pour autant de faire référence au contenu de ses convictions religieuses. "
DONC :
1) D'un côté, "ce que nous sommes appelés à respecter c’est la religion de l’autre, ses enseignements, ses symboles et ses valeurs."
2) De l'autre côté, "nous cherchons simplement à partager sa joie sans qu’il s’agisse pour autant de faire référence au contenu de ses convictions religieuses".
3) Mais ne ne devons-nous, pour pouvoir commencer à répondre à cet appel à respecter "la religion de l'autre, ses enseignements, ses symboles et ses valeurs",
a) d'une part, commencer à connaître et à comprendre davantage "la religion de l'autre, ses enseignements, ses symboles et ses valeurs",
b) d'autre part, commencer à faire davantage référence "à la religion de l'autre, à ses enseignements, à ses symboles et à ses valeurs",
pour pouvoir commencer à la respecter ?
4) Et pouvons-nous vraiment chercher "simplement à partager sa joie sans qu’il s’agisse pour autant de faire référence au contenu de ses convictions religieuses", c'est-à-dire sans qu'il s'agisse de faire référence "à ses enseignements, à ses symboles et à ses valeurs" ?
III. En d'autres termes :
Comment commencer à respecter une religion sans commencer à faire référence au contenu des convictions, croyances, principes, pratiques qu'elle véhicule ?
Comment respecter EN VERITE une religion, sans commencer à faire référence, d'une manière objective, et non arbitraire, aux mérites, mais aussi aux limites, inhérentes aux convictions, croyances, principes, pratiques qu'elle véhicule ?
IV. On voudrait enfermer les chrétiens, et notamment les catholiques, à l'intérieur d'un "double bind", d'une double contrainte, d'une contradiction fondamentale, d'une injonction paradoxale et paralysante, que l'on ne s'y prendrait pas autrement :
" Nous vous prescrivons de respecter a priori, par bienveillance sans vigilance, d'une manière quasiment inconditionnelle, les croyances musulmanes et les croyants musulmans. "
" Nous vous prescrivons de ne pas vous mettre en mesure
a) de faire l'analyse du contenu
b) de faire référence au contenu
des convictions, croyances, principes, pratiques inhérent(e)s à la religion musulmane",
dès lors, je le suppose ici, que le fait de faire l'analyse de ce contenu, de faire référence à ce contenu, risque de donner la connaissance et la compréhension des raisons, notamment doctrinales et historiques, pour lesquelles il est impossible d'être à la fois
- bienveillant sans vigilance, respectueux sans réserves, en présence des convictions, croyances, principes, pratiques qui sont relatifs à la religion musulmane,
et
- respectueux de la vérité objective, en ce qui concerne les convictions, croyances, principes, pratiques, qui relèvent de la religion musulmane.
V. Le risque serait celui de la pieuse ignorance, qui rend peut-être accueillant, chaleureux, solidaire, sympathique, mais qui peut aussi rendre indulgent et négligent, voire ignorant et impuissant, sur le plan intellectuel comme sur le plan confessionnel, face à ce dont il est question ici.
Merci beaucoup pour toute remarque ou suggestion et bonne journée.
Scrutator.
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