Il ne faut pas se tromper d'apologétique "apotropaïque". par Scrutator Sapientiæ 2013-02-18 08:11:49 |
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Bonjour à Luc Perrin et à Yves Daoudal.
Il y a, me semble-t-il, un double danger d'apologétique "apotropaïque" mal comprise, id est d'apologétique qui protège dans la vérité et qui détourne de l'erreur, mais qui peut être mal comprise.
1. Le premier danger est celui qui menace la FSSPX ; c'est le danger de mettre en avant une apologétique "apotropaïque" obsidionale, protectionniste, auto-polarisée et auto-référencée, qui relèverait d'une pensée magique avérée.
2. Or, s'il suffisait d'être refermé ou replié sur soi-même, et d'être contre ce que l'on considère "à coup sûr" comme plusieurs erreurs, pour être vraiment, également à coup sûr, en conformité authentique ou en fidélité effective, par rapport à la vérité, cela se saurait.
3. Le deuxième danger est celui qui surplombe le Saint Siège : c'est le danger de mettre en avant une apologétique "apotropaïque" participative, propositionnelle, libre-échangiste, plus dialoguante qu'annnonçante, relèverait d'une pensée logique erronée.
4. Or, s'il suffisait d'être démesurément ouvert sur tout ce qui n'est pas catholique, ou de ne parler de Dieu, de l'Eglise, de l'homme, du monde, que de la manière la moins déplaisante et la moins dérangeante possible, pour donner vraiment envie, avec effet utile, aux hommes et aux femmes, de rentrer en eux-mêmes, puis de se mettre à l'école et à l'écoute de la Parole de vie dans l'Esprit qui est celle du seul vrai Dieu, cela aussi se saurait.
5. Admettons un instant que le Concile des Pères ait été circonvenu, ou en tout cas concurrencé, par le Concile des médias, qui aurait été à l'origine du fait que des distorsions cognitives aient nui à la réception sereine et totale du Concile, au sein même de l'Eglise.
6. Face à cette réalité, face à cette adversité (qui n'explique tout de même pas tout, sauf à supposer qu'un Congar, qu'un Rahner, entre autres, aient préparé le Concile des médias, depuis l'intérieur de l'Eglise, dès 1937), le moins que l'on puisse dire est ceci :
- d'une part, le Concile n'a pas vraiment eu une très grande vertu prophylactique ;
- d'autre part, l'après-Concile n'a pas encore eu une très grande vertu thérapeutique.
7. Ecône et Rome, pour autant, ont aujourd'hui des ennemis communs : les médias audio-visuels, pour l'essentiel, sont des instances de légitimation, de valorisation de la culture, néo-paienne, qui est aujourd'hui promotrice de la prise de plaisir et de la mise à mort.
8. Qu'est-ce qui empêche Ecône et Rome de commencer à converger, de commencer à se rapprocher, à se rassembler, face à de tels ennemis communs ? Qu'est-ce qui les empêcherait d'aller en direction d'une déclaration commune, non sur les sujets bien connus, débattus et rebattus, mais sur les questions dites "de société", face auxquelles aucun catholique n'est de trop, compte tenu du combat à mener.
En d'autres termes et pour conclure, je ne suis partisan ni d'une apologétique "apotropaïque" "magique", mais auto-centrée, ni d'une apologétique "apotropaïque" "logique" mais altéro-centrée ; je suis partisan d'une apologétique "apotropaïque",
- qui protège, dans la vérité, et qui détourne de l'erreur,
- qui soit à la fois un mode de légitimation et de valorisation de la Foi catholique et des moeurs chrétiennes prenant appui sur la Foi surnaturelle et sur la raison surnaturelle,
- et qui soit aussi un lieu de convergence programmatique entre les catholiques, et notamment entre la FSSPX et le Saint-Siège.
Mais, je le sais, je suis parfois des plus candide.
Bonne journée.
Scrutator.
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