Doctrinal et pastoral par Paterculus 2013-02-17 21:04:07 |
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Il ne faut pas opposer "doctrinal" et "pastoral".
Ce fut justement l'erreur des évêques qui, en France, nous ont imposé l'interprétation de Vatican II comme une rupture.
Dans l'évangile, Jésus parle des aveugles qui guident d'autres aveugles : j'y vois une allusion à ceux qui veulent faire de la pastorale sans doctrine.
Un concile pastoral a pour but de mettre l'Eglise en état d'évangélisation (comme on met une armée en ordre de bataille).
Dés lors Vatican II a parlé de façon doctrinale des fondements de l'évangélisation : la Révélation, qui est le message à transmettre dans l'évangélisation, et l'Eglise, qui n'est pas seulement l'organisme qui évangélise, mais aussi et surtout le réceptacle des gens touchés par l'évangélisation.
En ce qui concerne l'Eglise, Vatican II l'a présentée justement comme centrée sur le Christ, pour qu'elle apparaisse ainsi comme sujet et objet de l'évangélisation. Cette ecclésiologie "christocentrique" succède à une ecclésiologie où l'on cherchait les limites de l'Eglise, pour pouvoir dire si on est à l'intérieur ou à l'extérieur.
Mais sans être fausse, cette ecclésiologie risque de n'appréhender la réalité ecclésiale que comme une réalité humaine, comme une société temporelle.
Rappelez-vous la sagesse de Sainte Jeanne d'Arc : ses juges félons lui demandaient si elle était en état de grâce, elle a répondu "si je n'y suis, que Dieu m'y mette, si j'y suis, qu'Il m'y garde."
Si l'Eglise est bien, comme on doit le croire, l'ensemble organique des gens unis à Dieu, donc en état de grâce, il est clair que cette réponse de Jeanne montre à quel point il est impossible de définir l'Eglise comme on le ferait d'une société temporelle.
L'interprétation "rupturiste" a donc consisté à mettre entre parenthèses l'enseignement doctrinal de Vatican II, ou à l'interpréter en opposition aux enseignements passés alors qu'il s'agissait non d'une contradiction mais de la mise en lumière d'éléments complémentaires. Et dans cette interprétation selon la rupture, on a prôné un engagement libératoire "au ras des pâquerettes" dérivé d'une sociologie et d'une psychologie mal digérées et construites sur des fondements non critiqués philosophiquement et théologiquement à la lumière de la révélation.
Il ressort de ce qui précède que le grand ménage de printemps (ai-je bien compris votre expression ?) commence à l'intérieur de chacun d'entre nous, par une plus grande union au Christ.
Mais cela n'empêche pas de souhaiter que le Pape prenne des décisions qui soutiennent ce retour au Christ comme centre de toute vie spirituelle et de toute vie ecclésiale, particulièrement de toute vie liturgique, et j'avoue que pour ma part je reste sur ma faim de ce point de vue.
VdP
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