Oui par N.M. 2013-02-13 15:57:36 |
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Mon cher Meneau, je vous réponds oui sans hésitation.
Pendant une quarantaine d'années (1378-1417), deux puis trois séries de contendants à la papauté et leurs partisans respectifs se disputèrent pour savoir qui était le vrai pape. Ou même pour savoir s'il y avait un pape, car il y avait également une petite minorité d'"indifférents", parmi lesquels les cardinaux Borsano, Corsini et Orsini.
« Le grand schisme d’Occident me suggère une réflexion que je m’autorise à exprimer ici. Si ce schisme n’avait pas eu lieu, l’hypothèse d’un tel évènement paraîtrait chimérique à beaucoup. Ils diraient que cela ne pouvait pas être ; Dieu ne permettrait pas que l’Église se trouve dans une si triste situation. Les hérésies pourraient surgir et durer péniblement, par la faute et pour la perdition de leurs auteurs et complices, à la très grande détresse aussi des fidèles à laquelle pourrait s’ajouter la persécution là où les hérétiques l’emporteraient. Mais que les catholiques soient divisés sur l’identité du pontife – que la vraie Église reste entre trente et quarante ans sans chef bien connu et connaissable […] ceci ne pourrait arriver.
« Et pourtant c’est arrivé. Et nous n’avons pas de garantie que cela ne se renouvellera pas, bien que nous puissions espérer le contraire.
« Mon inférence est celle-ci : nous ne devrions pas être trop prompts à nous prononcer sur la question de ce que Dieu pourrait permettre. Nous savons avec une certitude absolue qu’Il tiendra ses promesses […] Il soutiendra son Église et lui permettra de triompher de tout ennemi et de toute difficulté. Il donnera à chacun des fidèles les grâces qu’il lui faut pour faire son salut, comme Il l’a fait durant ce schisme et durant toutes les souffrances et épreuves que l’Église a traversées dès le début. Nous pouvons même avoir la confiance qu’Il fera bien plus qu’Il n’a promis […] Mais il pourrait arriver à nous et de futures générations de chrétiens de voir des malheurs pires encore que nous avons vus jusqu’ici, et cela même avant l’approche imminente du jour du jugement. Je ne me réclame pas de prophète, mais je voudrais signaler qu’il ne faut pas considérer comme pratiquement impossibles des éventualités dans l’ordre ecclésiastique seulement à titre qu’elles seraient terribles et lamentables au plus haut point. »
R.P. Edmund O’Reilly, S.J. (professeur à l'Université catholique de Dublin), The Relations of the Church to Society, 1882 (pp. 287-288).
« On devrait admettre une suppléance de juridiction (fondée sur le ‟titre coloré”), non pas de la part de l’Église [hiérarchique], qui [sans le pape] n’a pas la suprême autorité, mais de la part du Christ lui-même, qui aurait accordé la juridiction à chacun des antipapes dans la mesure où c’était nécessaire »
Timoteo Zapelena, s.j., De Ecclesia Christi, pars altera, Univeristà Gregoriana, Roma, 1954, p. 115.
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