Indispensabiliser et irréversibiliser le Concile. par Scrutator Sapientiæ 2012-12-20 22:20:19 |
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Bonsoir et merci, Vassilissa.
1. Il y a, à mon sens, au sein et à la tête de l'Eglise, une volonté tenace de rendre le Concile, le recours au Concile, les références au Concile, à la fois indispensables et irréversibles.
2. Incontestable, incontournable, indispensable, irréversible, je dirai même : hégémonique ; je pense ici aux innombrables exhortations apostoliques et lettres encycliques, audiences et homélies, allocutions et interventions, dans lesquelles, sous Paul VI, et surtout sous Jean-Paul II, il n'est fait référence, à tort ou à raison, qu'à un seul Concile, pour ne pas dire : qu'au Concile.
3. Ce qui est à la fois ambivalent et intéressant, sous Benoît XVI, c'est que ce que je viens d'écrire est moins exact ; par ailleurs, il est arrivé au moins une fois, cette année, que Benoît XVI, en voulant défendre ou promouvoir le Concile, mette en avant des arguments qui sont quasiment davantage "à charge" qu'à décharge, au moins en ce qui concerne Gaudium et Spes.
4. La référence au Concile est un enjeu de pouvoir, au sein de l'Eglise, à commencer par un enjeu de pouvoir sur les esprits ; je ne dis çà ni pour, ni contre Benoît XVI, je dis çà parce que j'en ai déjà fait l'expérience, je le suppose, comme beaucoup de liseurs du FC.
5. Par ailleurs, la référence au Concile est aussi la référence à un "lieu de mémoire" situé dans l'histoire de l'Eglise ; posons-nous la question de savoir quelle génération de catholiques a le plus tendance à faire référence à ce lieu de mémoire, ou à en avoir le souvenir, et nous aurons peut-être la réponse à la question de savoir pourquoi un certain rapport au Concile, une certaine vision du Concile, sont placés sous le signe de la nostalgie paradoxale : c'est l'art et la manière d'enjoliver, d'éterniser, un évènement passé, un renouveau déjà advenu, qui a promis plus qu'il n'a tenu, qui, en ce sens, a déçu, mais que l'on voudrait continuer à imposer à l'Eglise, en tant que renouveau qui serait, encore aujourd'hui, générateur et synonyme d'avenir.
6. Je suis convaincu, non parce que je ne le lis pas, mais bien au contraire parce que je le lis, que Benoît XVI est de ceux qui ont compris que la référence omniprésente au Concile est de nature à faire obstacle à la mise en oeuvre de l'herméneutique de la réforme à laquelle il tient tant par ailleurs.
7. En attendant, et en espérant, qu'un jour prochain la prise de conscience du fait qu'il est contradictoire de dogmatiser un Concile adogmatique descende, du "système nerveux central", jusque dans tous les membres du Corps mystique du Christ, nous sommes bien obligés de constater que "l'Eglise du Concile" a tendance à s'auto-célébrer, peut-être bien pour s'auto-conserver, s'auto-justifier, ou s'auto-perpétuer.
Bonne nuit et à bientôt.
Scrutator.
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