Peu importe à la limite ! par Candidus 2012-11-01 00:24:10 |
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Toutes ces interprétations de Dignitatis Humanae ont en commun de manifester une herméneutique de la réforme dans la continuité (tout en déplorant les faiblesses du document conciliaire qui permettent une interprétation libérale).
Tant que le magistère ne se prononce pas, nous sommes libres d'adhérer à n'importe laquelle de ces interprétations, voire à d'autres à venir.
La seule limite à ne pas franchir est l'interprétation "rupturiste", c'est à dire celle des saintpidistes/sédévacantistes ou des modernistes.
Je sais que certains objecteront que ce sont les auteurs eux-mêmes des documents conciliaires qui ont parfois revendiqué l'interprétation "rupturiste". Congar, par exemple, au sujet de la liberté religieuse, ou certains protestants qui auraient participé à l'élaboration du missel de Paul VI.
Je répondrai que lorsqu'un texte est approuvé par le magistère, il échappe totalement à ses auteurs, il devient un texte du magistère et puise en lui son autorité. Seul le magistère devient habilité à en faire une herméneutique légitime.
Prenez par exemple la définition proclamant l'Assomption de la Vierge Marie. Je doute que ce soit le pape Pie XII qui l'ait intégralement rédigée. Il en a certainement influencé le contenu, indiqué les grandes lignes, mais ce sont des experts en mariologie qui se sont chargés de sa rédaction. Pourtant, dès que Pie XII a proclamé ce dogme, le contenu de la proclamation à échappé à ses auteurs/rédacteurs et ceux-ci ont perdu toute légitimité pour expliquer ce qu'ils ont ou n'ont pas voulu dire. Il n'y a plus dès lors d'autre herméneutique possible que ce que nous en dit le magistère qui l'a endossé.
En attendant une telle clarification de Vatican II, ce ne serait pas la première fois que l'Eglise laisserait se côtoyer des interprétations théologiques divergentes (pourvues qu'elles soient toutes orthodoxes). Pensez à la question de l'immaculée conception qui a opposé, en toute légitimité, les franciscains aux dominicains pendant des siècles. Puis un jour, l'Eglise tranche (pas toujours pourtant, pensez au XVIIème siècle et à ses querelles sur la grâce, la prédestination, etc. pour lesquelles l'Eglise ne s'est pas nettement prononcée puis a fini par défendre aux théologiens d'en discuter).
J'aime beaucoup la suggestion de Mgr Schneider d'un syllabus condamnant les mauvaises interprétations des documents conciliaires. D'une manière ou d'une autre, il faudra parvenir à cette clarification.
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