Si j'ai bien compris, vous appelez "votre argument massue" la proposition que vous avez énoncée plus haut :
Ce que la société n'a pas donné, elle n'a pas le droit de le reprendre"
Ceci répondait à l'argument que l'Etat a le droit, pour préserver le bien commun, de retirer la vie. Donc nous sommes bien d'accord que par "société", on entend ici l'Etat, plus particulièrement dans son rôle de justice, donc au travers de la magistrature (et pas n'importe quel groupuscule, ni non plus n'importe quel citoyen)/
Notons au préalable que ce principe est faux dans bien des domaines autres que la vie et la mort :
- l'état ne vous a pas donné votre argent, mais il est en droit de prélever un juste impôt ou de vous infliger une amende
- l'état ne vous a pas donné votre liberté, mais il est en droit de contraindre cette liberté (vous n'avez pas pour l'instant nié le droit de l'Etat à emprisonner quelqu'un. Vous n'avez pas répondu à l'objection)
Mais surtout votre argument massue semble considérer la vie comme une fin en soi. Ce qui n'est bien entendu pas le cas, la finalité morale de la vie étant surnaturelle. (Le catéchisme d'antan disait : je suis sur terre pour louer, honorer et servir Dieu, et par ce moyen sauver mon âme). Lorsque l'Etat prive le citoyen de sa vie, il ne le prive pas de sa fin dernière.
Or c'est bien à cette fin dernière surnaturelle qu'est subordonnée la fin propre de l'Etat, qui est de procurer le bien commun. En sorte que lorsque l'Etat retranche la vie à un citoyen, en vue du bien commun, il ne lèse ni le condamné, ni bien sûr les citoyens pour lesquels il oeuvre en vue du bien commun.
Et surtout, il ne lui retire pas sa diginité (vous avez utilisé ce mot dans un autre post), car cette dignité demeure au-delà de la mort !
Mais cette dignité est lésée par l'homme coupable. Ce qui fait dire à Pie XII :
« Même quand il s'agit de l'exécution d'un condamné à mort, l'Etat ne dispose pas du droit de l'individu à la vie. Il est réservé alors au pouvoir public de priver le condamné du bien de la vie en expiation de sa faute après que par son crime il s'est déjà dépossédé de son droit à la vie »
Discours aux neurologues, 14/9/1952Cordialement
Meneau
Cordialement
Meneau