"Et ce que l'etat doit faire face à ce coupable est ce que le prêtre doit conseiller à cet etat". par le torrentiel 2012-10-25 20:05:21 |
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Mais êtes-vous vraiment sûr que l'Etat demande des conseils à ce prêtre?
L'état de prêtre ne lui conseille-t-il pas, avant de conseiller la peine de mort à l'Etat, d'orienter les âmes vers le pardon de l'assassin de leurs êtres chers? Ministère difficile, d'autant que ce pardon doit être sans tambour ni trompette (contrairement à ce que fait le P. Gabriel Ringlet avec les parents de Julie et de Mélissa en belgique)Je sais que j'ai déjà avancé cet argument.
Pour le reste, il me semble qu'il y a une proportionnalité des dons qui ordonne une proportionnalité des peines. Meneau et vous-même reconnaissez que la société ne fait que développer la vie reçue par un autre moyen. Donc mon "argument massue" en sort renforcé.
L'objection que vous faites à l'aide du cardinal Journet pourrait certes le renverser. Mais je crois qu'on peut y apporter deux types de réponse:
1. La société pense qu'elle a le droit d'exiger le sacrifice de la vie d'un soldat. Reconnaissez qu'aujourd'hui, le patriotisme a plutôt l'air de relever du choix d'accepter un ordre des choses où il est légitime de donner sa vie pour sa patrie, c'est-à-dire pour une communauté plus élevée que sa petite personne. L'armée de métier va dans le sens de ce patriotisme comme matière à option, que je n'approuve pas forcément, d'ailleurs, mais j'en comprends la logique, de même que je comprends la logique du déserteur, et que la société est dans la sienne de le poursuivre et de le punir, peut-être pas jusqu'à le fusiller, à moins de haute trahison, d'intelligence avec l'ennemi, ce qui n'entre pas dans le pacifisme habituel aux déserteurs.
2. Ce droit à exiger la vie de ses citoyens par "une patrie en danger" vient de ce danger lui-même, qui crée une sorte d'"état de nécessité" et demande à la patrie de resserrer les rangs, jusqu'à devenir ce "corps social" dont l'analogie redevient pertinente en cas de guerre.
Que mes propos contre la peine de mort ne soient pas très originaux, j'en conviens, excepté mon "argument massue", que j'entends peu souvent formuler comme je le fais.
Qu'ils ne soient pas absolument la position de l'Eglise n'empêche pas qu'ils sont déjà celle de la majorité des catholiques et ne me trouble pas plus que cela, dans la mesure où je ne prétends pas l'incarner sur ce sujet et où je ne suis pas clerc. Mais encore une fois, est-il dans l'ordre qu'un clerc mette en avant la peine de mort plus que le pardon, bien qu'autre puisse être le discours qu'il tient à ses dirigés et autre celui qu'il adresse à l'etat. Conclure que je suis contre la peine de mort dans tous les cas est un peu abusif, je ne sais pas ce qu'il faut penser de la peine de mort en temps de guerre et, en tout cas, je considère la peine de mort comme une "question disputée", comme un sujet discutable, qui devrait relever du référendum, et c'est parce que je le considère ainsi que j'en discute librement avec vous.
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