Et ne doute pas pour autant de la vérité et légitimité de ce que dit le CEC sur ce point.
Donc, le texte que vous citez dit que s'il n'existe aucun autre moyen (praticable) de protéger la vie des êtres humains contre un (injuste) agresseur, alors, la peine de mort est justifiée. Ce qui veut dire que s'il existe d'autres moyens (e.g. condamnation à perpétuité), alors, ce n'est pas justifié et on le comprend puisque dans ce cas là, si l'agresseur est sous contrôle, il n'y a plus de légitime défense. La peine de mort devient un moyen disproportionné.
Je suis d'accord avec vous. S'il y a d'autres moyens, alors la peine de mort doit être évitée.
Maintenant, reste à considérer ce que "condamnation à perpétuité" veut dire dans notre société. Paterculus vous le fait justement remarquer plus bas dans ce fil.
Vous auriez pu aussi utiliser le CEC à l'encontre de la peine de mort en invoquant l'argument suivant :
quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées,
Vu la façon dont la Justice est rendue dans notre société, peut-on moralement avoir la certitude que l'identité et la responsabilité du coupable seront pleinement (et équitablement) vérifiées ?
C'est là qu'on rejoint la nécessaire subordination du bien commun (naturel) à atteindre par l'Etat aux fins surnaturelles de l'homme. Les deux sujets sont effectivement liés.
L'erreur judiciaire est certes toujours possible, même dans un Etat que nous prendrons catholique pour l'exemple. Mais dans un tel état, on a la garantie que la décision judiciaire prise à l'encontre du condamné est prise en fonction du VRAI bien commun de la société, en vue médiate et indirecte de la sanctification des citoyens, y compris du condamné lui-même.
Par ailleurs, la peine de mort a un aspect sanctificateur intrinsèque : le condamné ne voit pas sa peine comme la simple privation de sa vie, mais comme le passage vers la vie éternelle; elle devient alors un facteur qui le pousse à une conversion nécessaire et impérieuse. Lui a la chance de connaître le jour et l'heure et ainsi de prendre ses dispositions.
On pourrait invoquer aussi d'autres arguments : la peur du châtiment n'étant pas l'une des moindres. Mais je ne suis pas en train de faire le plaidoyer de la peine de mort car, dans la société actuelle, avec la justice que nous avons, et avec la vision naturaliste et anti-chrétienne du bien commun qui est celle de notre société moderne, je serais contre le rétablissement demain de la peine de mort en France.
Il n'en demeure pas moins que moralement, le principe de la peine de mort est parfaitement justifiable. C'est sur ce point que portait mon argumentation.
Cordialement
Meneau