une autre remarque en revenant des Bernardins par Luc Perrin 2012-10-13 17:43:30 |
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Elle m'est revenue à l'esprit en écoutant la conférence - qui en aurait fait bouillir plus d'un sur le F.C. - du professeur-ministre A. Riccardi consacrée aux "Chrétiens et la globalisation".
A plusieurs reprises, Riccardi - c'est un trait de mentalité qui vaut pour énormément de non-tradis - a opposé l'Église ad intra, les "questions ecclésiastiques", et le mouvement vers "l'autre" qui serait, selon lui, l'essentiel d'une mondialisation - le mot "globalisation" franglais avait les honneurs bien qu'il n'aime pas cette domination de l'anglais a-t-il dit - vue en positif : les aspects négatifs étant escamotés voire carrément passés sous silence. Un ministre du gouvernement Monti qui n'a pas un mot pour la finance globalisée en pleine crise financière issue précisément de cette "globalisation" ... Parler ensuite de l'exigence paroissiale de proximité, rattachée justement au "prochain" à sa personne physique à la messe dominicale, devient étonnant : c'est le paradoxe et la contradiction interne de son mouvement Sant'Egidio d'ailleurs, sa conférence était une sorte de projection métaphorique de la pratique de Sant'Egidio paroissiale/"globale". Mais je m'égare ...
Outre le "choix du non-choix", il y a cela : pour la forma mentis tradi., le paroissial est orienté vers la conversion du mondial et la sanctification de soi. Les "questions ecclésiastiques" ne sont pas des détails, choses subalternes, mouvantes, des adiaphora comme aurait dit Melanchthon au XVIe siècle. Le diable se cache dans le détail, le bon Dieu aussi.
Le traditionaliste est myope en quelque sorte : il a besoin de voir de très près, la longue distance est floue ; le "moderne" conciliaire a fortiori le néo-moderniste sont presbytes : ils ne voient plus rien de près mais distinguent l'horizon lointain.
Le tradi peut voir Dieu dans le manipule, chose que l'ordinaire ne voit plus d'où la nécessité pour capter l'attention du second de multiplier les paroles, le bruit, l'agitation.
D'une certaine façon, sur le temps long, le tradi catholique est le fruit du XIX-XXe et spécialement du Mouvement liturgique : l'attention à l'action liturgique est précieuse pour lui.
L'autre, le "moderne", est en fait très archaïque : il est ce public volage, distrait, bavard, inattentif des théâtres ou des opéras d'Ancien Régime et d'une large part du XIXe.
Une idée que je soumets à votre sagacité...
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