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D'accord avec votre réponse et avec votre question.
par Scrutator Sapientiæ 2012-10-12 22:30:11
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Bonsoir Aigle,

1. Vous avez évidemment raison, de (me) rappeler les textes que vous citez, notamment les deux lettres encycliques qui ont, le crois, les caractéristiques "oppositionnelles" les plus sensiblement perceptibles : Humanae Vitae et Evangelium Vitae.

2. C'est votre question qui donne tout son sens à mon interrogation : pourquoi, en Europe occidentale, dans les diocèses, dans les paroisses, dans leur ensemble, n'y-t-il pas eu, pour ainsi dire, davantage de pédagogie de la différence chrétienne, dans l'ordre de la Foi comme dans celui des moeurs ?

3. La dynamique de propagation du vide qui s'est imposée, depuis cinquante ans, est elle-même adossée à la vision selon laquelle la dynamique authentiquement conciliaire est avant tout une dynamique d'émancipation, tournée vers l'extérieur et vers le temporel, et non avant tout une dynamique d'édification intérieure et spirituelle.

4. Dans ce contexte, qui dit émancipation dit affranchissement, libération, vis-à-vis de l'avant-Concile, mais aussi vis-à-vis de ce qui est situé au-dessus du Concile, au-dessus, en tout cas, du collège des évêques : le Saint-Père et son autorité magistérielle, voire le Christ lui-même.

5. En ce sens, le progressisme est doublement rupturiste : en rupture vis-à-vis de l'Ecriture et de la Tradition, mais aussi en rupture à l'égard de l'Eglise, de son autorité, de sa hiérarchie, de son identité, de ses institutions.

6. Et toute la puissance de séduction du progressisme rupturiste réside dans la croyance selon laquelle ce positionnement est à la fois

- le plus confiant en l'autre, le non catholique,

- le plus confiant en l'avenir, porteur de progrès qu'il convient de préparer et d'accueillir,

- le plus confiant en l'homme, qui naît bon, mais que toute autorité contraint et que toute institution corrompt, y compris au sein de l'Eglise,

- le plus fidèle, pour ne pas dire le seul fidèle, au Concile.

7. De cette considération découle l'un de mes jeux de mots favoris ; j'espère ne pas en avoir trop abusé, sur le FC, mais voici :

" On dit que le Concile Vatican II a été libérateur pour un grand nombre de fidèles catholiques, et en un sens, c'est tout à fait vrai : tel qu'il a été expliqué et appliqué, à l'attention des fidèles catholiques, le Concile Vatican II a effectivement été libérateur : IL A LIBERE BON NOMBRE D'ENTRE EUX DE LEUR FIDELITE AU CATHOLICISME. "

8. Voici une autre remarque, et j'en aurai terminé : le progressisme rupturiste voit en Vatican II une instance d'émancipation, je viens d'en parler brièvement, mais aussi une instance d'unification, indélimitée et indéterminée, sans objectif ni résultats extérieurs au mouvement que cette instance d'unification impulse et incarne.

9. Il y a une expression qui me vient à l'esprit, c'est l'expression selon laquelle, un demi-siècle après Vatican II, il ne faudrait pas que l'Eglise connaisse et subisse "un retour des certitudes" ; est-ce à dire que, cinquante ans après le Concile, il ne faudrait pas que l'Eglise bénéficie de ce qui la consolide, à savoir le retour à davantage de fidélité vis-à-vis de ma Foi catholique et des moeurs chrétiennes ?

10. Je crois qu'il n'a pas été assez remarqué ou souligné que les catholiques progressistes rupturistes qui ne veulent pas "du retour des certitudes", au sein même de l'Eglise, sont eux-mêmes bardés de certitude(s) ; en particulier,

- qu'est-ce qui leur donne la certitude que "le retour des certitudes" fait plus de mal que de bien à l'Eglise ?

et

- qu'est-ce qui leur donne la certitude que le contraire de la certitude, à savoir le doute, l'approximation, l'hésitation, l'imprécision, l'incertitude, l'incomplétude, fait plus de bien que de mal aux fidèles, aux prêtres, aux évêques ?

11. Depuis cinquante ans, l'Eglise catholique a fait l'expérience du renouveau, en théorie, dans la continuité, dans la pratique (non contraire à au moins une partie de la théorie), sans la continuité.

Et si on envisageait enfin de commencer à faire l'expérience de la transmission dans la continuité, id est d'une pastorale

- moins béatement accueillante et respectueuse, vis-à-vis des signes des temps, au point de ne voir que les cygnes, et non les taons,

et

- plus filialement à l'écoute et à l'écoute, au contact du Verbe de Celui qui est au-dessus ET au-dedans des temps, et qui sera à la fin des temps ?

12. C'est le refus, progressiste rupturiste, entêté, obstiné, d'une ouverture favorable et positive, en direction de cette perspective de mis en oeuvre d'une expérience de la transmission dans la continuité, qui en dit le plus long sur l'état d'esprit des catholiques progressistes rupturistes :

ILS NE VEULENT PAS, MALGRE UN CONSTAT D'ECHEC, ET PEUT-ETRE MEME A CAUSE DE LUI,

- QUE LE CONCILE PUISSE ETRE LIBERE DE LA FINALITE ARBITRAIRE ET PARTISANE ("sécularisante" et "sociétalisante") QU'ILS ONT DECIDE DE LUI IMPOSER ET DE NOUS IMPOSER,

- QUE VATICAN II SOIT AINSI RENDU, AU MOYEN DE CETTE LIBERATION, A SA FINALITE PREMIERE, EVANGELISATRICE AD INTRA ET AD EXTRA.

Je n'ai évidemment aucune aptitude particulière pour le faire, mais j'ai essayé de répondre à votre question le moins mal possible, en m'efforçant de ne pas trop me répéter, compte tenu de plusieurs messages antérieurs sur le même thème ; merci beaucoup de me dire si cette tentative de réponse à votre "pourquoi" vous a apporté quoi que ce soit.

Bonne nuit.

Scrutator.

     

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 Benoît XVI: après le concile, « c’est le vide qui s’est propagé » par Gaspard  (2012-10-11 18:59:41)
      Un passage historique par Justin Petipeu  (2012-10-11 20:04:45)
          En effet. Mise en cause directe de "Beaucoup de pères conciliaires" par Gaspard  (2012-10-11 21:12:22)
              Pères conciliaires ? par Johanis  (2012-10-11 23:20:54)
                  Il n'a pas osé ou il n'a pas voulu l'écrire ? par Scrutator Sapientiæ  (2012-10-11 23:39:16)
                      Père conciliaire à vie ? par Johanis  (2012-10-12 00:02:14)
                  La phrase désigne sans ambiguïté les pères conciliaires par Gaspard  (2012-10-12 10:02:46)
                      Exégèse du "beaucoup" suite par Johanis  (2012-10-12 13:29:08)
                          Les pères conciliaires n'ont-ils pas répandu le vide ? par Gaspard  (2012-10-12 14:04:32)
                              Fallait-il cibler seulement les évêques ? par Johanis  (2012-10-12 17:50:56)
                  Attention par Aigle  (2012-10-12 20:24:31)
      Pas un aveu d'échec, mais un constat d'échec. par Scrutator Sapientiæ  (2012-10-11 22:40:24)
          Nous sommes d'accord ! par Gaspard  (2012-10-12 10:09:20)
              Merci beaucoup + un état des lieux du futur Benoît XVI. par Scrutator Sapientiæ  (2012-10-12 23:58:20)
          Une remarque terriblement sérieuse par Aigle  (2012-10-12 20:29:01)
              D'accord avec votre réponse et avec votre question. par Scrutator Sapientiæ  (2012-10-12 22:30:11)
                  vous parlez d'or par Aigle  (2012-10-12 22:38:15)


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