Pas un aveu d'échec, mais un constat d'échec. par Scrutator Sapientiæ 2012-10-11 22:40:24 |
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Bonsoir et merci, Gaspard.
1. Ce n'est pas, de mon point de vue, la reconnaissance, par Benoît XVI, du fait que le Concile, de par ses limites endogènes ou intrinsèques, porte en lui au moins une partie des origines d'au moins une partie de la situation actuelle de l'Eglise et dans l'Eglise, notamment en ce que cette situation a de plus inquiétant ou négatif, en tout cas pour l'instant.
2. En ce sens, ce n'est pas, de la part de Benoît XVI, un aveu d'échec, et il pouvait difficilement en être autrement,
- non seulement pour des raisons institutionnelles : on verrait assez mal le Vicaire du Christ reconnaître, avec l'humilité et la lucidité d'un candidat au martyre médiatique, ou en tout cas celles d'un saint, que, dans une certaine mesure, ce n'est pas en contradiction, mais en conformité avec au moins une partie de la carte routière qu'est le Concile, que le véhicule frôle régulièrement la sortie de route ;
- mais aussi pour des raisons individuelles : dans cette affaire, Benoît XVI, c'est le moins que l'on puisse dire, aurait plutôt moins à avouer que beaucoup d'autres, qui auraient mieux fait de l'écouter, au lieu de s'efforcer de faire obstacle à son action, de faire obstruction à ses idées, quant il était à la tête de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, pendant le pontificat de Jean-Paul II.
3. Ce n'est donc pas un aveu d'échec attribué, par Benoît XVI, au Concile en tant que tel, mais c'est bien un constat d'échec, que le Saint Père attribue à l'après-Concile "ès qualité".
4. Ce que nous dit Benoît XVI semble être ceci : là où le renouveau conciliaire s'est traduit par des avancées post-conciliaires "relationnelles" de l'Eglise catholique, avancées conformes à la "mentalité dominante" (il serait heureux qu'il la caractérise), ces avancées relationnelles de l'Eglise se sont aussi traduites par un recul post-conciliaire "confessionnel", celui de la Foi catholique.
5. A la notion de désertification spirituelle, face à laquelle, si je comprends bien, la génération Vatican II ET la génération Jean-Paul II ont été caractérisées, d'abord par de l'aveuglement et de la négligence, ensuite par davantage de lucidité et de vigilance (l'une et l'autre ayant été néanmoins sanctionnées par une même relative impuissance), devrait pouvoir s'opposer et succéder une notion de reboisement ou de repeuplement spirituel.
6. On peut supposer et espérer que ce Synode de l'automne 2012 sera l'occasion de faire émerger les voies et moyens qui seront les plus propices à la mise en forme puis en oeuvre de cette reforestation spirituelle, mais j'ai conservé le souvenir d'un instrumentum laboris et de linéamenta du Synode qui semblaient se prêter assez mal à l'élaboration puis à la réalisation d'une alternative allopathique susceptible de remédier, avec effet utile, à la situation actuelle.
7. Qui vivra verra, et nous serons bientôt fixés ; en attendant, quelle expression, tout de même : "C’est le vide qui s’est propagé".
Mais qu'a-t-on donc OPPOSE, et non seulement "proposé", depuis bientôt cinquante ans, face à cette dynamique de propagation du vide ?
Et ce vide n'est-il pas en partie "rempli" par bien des extrapolations et interprétations horizontalistes et humanitaristes du Concile, qui ne sont certes pas prescrites par le Concile lui-même, mais qui ne sont pas non plus clairement et nettement proscrites par lui ?
Bonne soirée.
Scrutator.
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