Esquive involontaire - Merci beaucoup pour toute réponse à ma question. par Scrutator Sapientiæ 2012-06-02 21:31:21 |
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Bonsoir et merci, Luc PERRIN.
1. Tout d'abord, merci beaucoup pour cette phrase : " Là aucun des papes avant Paul VI n'aurait écrit/dit cela ainsi, c'est un fait. On peut d'ailleurs penser qu'il s'agit, pour l'essentiel, d'un voeu pieux - pieux tout de même - qui n'a en 40 ans quasiment rien apporté de concret à l'échelle du monde : il suffit de lister les zones de conflit où les religions sont impliquées (ex. le plus récent le Nord du Mali et les massacres de Boko Haram au Nigeria, le judaïsme en Israël est-il impliqué dans la paix avec les Palestiniens et le respect des chrétiens ? etc.). "
2. Ensuite, je "rebondis" un instant sur votre paragraphe, car je suppose que c'est lui qui contient l'esquive, involontaire, que vous m'attribuez :
" Toutefois est-ce une validation des constructions biscornues des théologies des religions visant à promouvoir des syncrétismes à géométrie variable ? En rien.
Est-ce un renoncement à affirmer que dans l'Église du Christ subsiste dans l'Église catholique romaine et que c'est dans cette Église que les fondements théologiques de la paix se trouvent au plus haut degré ? Aucunement. "
J'ai parfaitement conscience du bien-fondé de vos deux phrases et de leur relation à la réalité, mais l'impression que je retire de ce que vous rappelez, à savoir l'impression d'être en présence de ce que j'appelle la pastorale de l'oxymore, n'en est que plus grande.
Pour ma part, je n'ai jamais parlé, dans ce domaine, de syncrétisme, mais plutôt d'éclectisme fédéraliste, à propos des rencontres ou réunions interreligieuses, et de modalisme pluraliste, à propos de la théologie du pluralisme religieux.
3. Ma question est celle-ci : il semble "parfois" qu'il y a un cloisonnement radical, une différenciation singulière, entre les discours et messages pontificaux adressés aux non catholiques, et ceux destinés aux catholiques eux-mêmes :
- est-ce juste une impression, que je ressens à tort ?
- cela ne pose-t-il pas un "petit" problème de cohérence ou de pertinence ?
- il peut être utile de distinguer, entre les destinataires ad intra, et ceux qui sont ad extra, mais enfin, le kérygme n'a-t-il pas vocation à être, sinon dans sa forme, du moins dans son fond, le même pour tous, compte tenu de son caractère fondamental et de sa destination universelle ?
4. Je ne vois pas, moi non plus, de contradiction entre ce discours du 25 avril 2005 et celui du 22 décembre 2005, mais le premier éclaire le second : l'herméneutique du renouveau dans la continuité est propice à la délégitimation de toute une vision "progressiste rupturiste" de bien des abus ou excès post-conciliaires, mais il n'est pas dans l'intention de Benoît XVI d'en faire un cheval de Troie qui, une fois dans la place, s'en prendrait, depuis l'intérieur de l'Eglise, à des engagements "impératifs" (autant dire : catégoriques) et "irréversibles" (autant dire : définitifs) : "l'ouverture" et "l'unité" : deux des cinq "quasi-dogmes" du Concile auxquels j'ai déjà fait allusion.
Merci beaucoup pour toute réponse et bonne soirée.
Scrutator.
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